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dimanche 25 septembre 2016

Qui ? Où ? Quand ?

Sous_la_ville_-_Jasmin_Marla_Dichant.jpg





Image Jasmin Marla Dichant, tirée du film cité ci-dessous


Vous avez peut-être, comme moi il y a quelques années, vu le film "Sous la ville" de Agnieszka Holland (en 2012). Il se déroule en 1944 à Lvov et évoque un personnage, Leopold, antisémite, qui cache dans les égouts de la ville qu'il connaît bien pour être égoutier, un groupe de Juifs. Il s'agit bien sûr pour lui de gagner de l'argent. Pour cette "protection", il demande en échange des sommes quotidiennes. Ce lacis de couloirs d'égouts se trouve sous le ghetto de la ville, durant sa liquidation par les Nazis. Cette histoire est donnée pour vraie. Elle se base sur l'ouvrage de Robert Marshall "In the sewers of Lvov" dont la première publication date de 1990.
Peut-être avez-vous lu, ce que je viens de faire, l'ouvrage "L'Homme de l'autre côté" de Uri Orlev, paru en 1997. Il se déroule en 1942 à Varsovie et évoque un personnage, Antony, antisémite, qui utilise les égouts pour se rendre au ghetto où il livre commerce avec un groupe de Juifs. Il s'agit bien sûr pour lui de gagner de l'argent. Cela se passe en partie durant la révolte du ghetto du printemps 42. Assurer seul ces aller-retours dans le lacis des égouts de la ville est éprouvant pour Antony, même s'il les connaît par cœur pour être égoutier. Il décide donc de s'adjoindre le fils de sa femme, Marek, pour ces "livraisons". Marek est le narrateur dans cet ouvrage. Mais l'auteur explique en préface où et quand il a rencontré "le véritable Marek" qui lui a raconté son histoire. C'est donc une histoire vraie.
Ce film comme ce livre se terminent exactement de la même façon. Dans les deux cas, ils s'intéressent particulièrement aux différents regards des Polonais sur ce qui se déroule sous leurs yeux. Il me semble que c'est là le principal intérêt de l'un comme de l'autre. Pour autant, je reste sur cette interrogation : finalement, qui ? quand ? où ? Je ne doute pas que l'une de ces deux histoires soit la relation de faits réels, mais quelle erreur d'avoir présenté les deux situations comme absolument véridiques, non ?

jeudi 25 février 2016

Passe le temps, disparaissent les survivants.

Après la mort de Filip Müller qui m'a évidemment beaucoup touchée, j'ai appris celle de Thomas Blatt (survivant de Sobibor) en novembre 2015 et maintenant (février 2016) celle de Samuel Willenberg (dernier survivant de Treblinka, qui nous a laissé ce livre).

E_Eizenschmidt.jpgAujourd'hui seulement j'ai appris que Eliezer Eisenschmidt aussi était mort (en décembre 2014). J'avais un attachement particulier à cet homme qui a accepté un "entretien à distance" (mes questions ayant été posées par Gideon Greif qui a eu la grande gentillesse de bien vouloir s'en occuper). C'était un témoin d'exception parce qu'il a été déporté à Auschwitz en 42 et, de ce fait, pouvait témoigner de la mise en place et des évolutions du processus d'extermination à Birkenau, du Bunker 1 au K V, ayant été envoyé dans l'un comme l'autre lieu. Un parcours de vie terrifiant.

Photo Yad Vashem

A ma connaissance, il n'y a plus de survivant du Sonderkommando d'Auschwitz Birkenau en Israël à ce jour, et sur l'ensemble du monde, ils se comptent sur les doigts d'une main. Pour autant, je veux rappeler, une fois encore, combien ces hommes -contrairement à ce que j'ai entendu encore récemment- ont été nombreux à s'infliger l'épreuve de témoigner, et combien ces témoignages sont précieux.

dimanche 24 janvier 2016

Ce si long silence

Voilà bien longtemps que je m'interroge sur la pertinence de donner ici des nouvelles personnelles. Un tel texte n'aurait pas sa place sur le site, c'est certain, mais sur le blog ? Viennent ici, finalement (outre les "spammeurs" !) essentiellement les lecteurs qui ont un lien particulier avec moi, en général des échanges de mails, parfois nombreux et répartis sur des années. Je leur dois peut-être des explications devant le "silence" qui s'est installé ces dernières années : très peu de nouvelles pages, pas davantage de nouveaux posts sur ce blog. Sans doute l'avez-vous interprété comme un éloignement du sujet. Ce n'est pas le cas...

Sonder-Bxl-actes-colloque.jpg Je viens donc aujourd'hui écrire ces quelques mots pour expliciter mon silence. Ces dernières années ont été pour moi bien éprouvantes. D'abord un cancer du poumon (opération puis chimio très rude) en 2012-2013. Ensuite la bataille du "retour". Une récupération lente mais certaine, marquée au printemps 2013 par l'honneur qui m'a été fait -encore merci à Philippe Mesnard et Frédéric Crahay- d'une participation au colloque international de Bruxelles sur les Sonderkommandos et Arbeitsjuden où j'ai eu le plaisir toujours renouvelé de retrouver Gideon Greif.

Tirée d'affaire, me restait à "écouter pousser mes ch'veux" comme disait le grand Jacques. Une longue remontée, donc, qui me faisait regarder 2015 comme un retour à un bon état de santé... mais à la veille de cette nouvelle année, un problème visuel a révélé une métastase qui en a décidé autrement (soucis avec ma vue toujours présents au moment où j'écris, qui m'interdisent depuis lors de lire "sur papier" et rendent la lecture sur ordinateur très difficile). Cette fois, la tumeur s'est fixée sur les méninges. D'après les cancérologues que j'ai consultés, à ce jour on ne sait pas s'en débarrasser, on peut juste espérer la contenir par des chimios particulières (par voie de ponctions lombaires). J'ai donc eu droit à ce traitement durant huit mois de 2015, jusqu'à la ponction d'octobre où s'est perfidement invité un staphylocoque. Le résultat ne s'est pas fait attendre : méningite nosocomiale carabinée (dont je ne suis toujours pas totalement sortie à ce jour, car les effets s'étirent sur des mois).

Double (triple ? quadruple ?) peine : au moment de la sortie en salles du Fils de Saül qu'évidemment j'attendais avec impatience et enthousiasme, je n'étais pas capable de tenir debout. Quand j'ai été de nouveau en état d'envisager une séance de cinéma, le film n'était plus à l'affiche. Je ne l'ai pas encore vu à à ce jour !

Pour autant je ne me laisse pas abattre... 2016, ce s'ra bien, hein ? Bonne année à vous !

jeudi 23 avril 2015

Film : La Cité Muette de Sabrina van TASSEL

Film_Cite_Muette.jpg France, 1h28, J2F Productions, sorti en salles le 13 mai 2015. (Sabrina van Tassel est la réalisatrice de La Tribu de Rivka en 2010).

La présentation de ce documentaire :

"La Muette est une cité HLM de la région parisienne. Pourtant derrière ces murs se cache l’ancien camp de Drancy où près de 80 000 juifs furent internés avant d’être envoyés pour la majorité d’entre eux vers les camps de la mort. Les habitants d’hier et d’aujourd’hui s’y croisent comme si la tragédie était attachée à son sol et à travers le temps..."

Le film a été sélectionné pour concourir en sélection officielle des éditions 2015 du Festival International du Grand Reportage d'Actualité et du Documentaire de Société ainsi qu'au Festival du Film Français de Los Angeles.

dimanche 19 avril 2015

Cannes 2015 - László NEMES & Clara ROYER - Son of Saul / Saul fia

László Nemes est un réalisateur né à Budapest. "Le Fils de Saul" est son premier long métrage. Ce film a été retenu pour la sélection officielle du Festival de Cannes (du 13 au 24 mai 2015). Je suis contente pour lui de cette "sélection" qui, certainement, est une reconnaissance par les pairs du milieu cinématographique. Il s'agit d'une fiction évoquant deux jours de la vie d'un prisonnier du Sonderkommando, à Birkenau, en 1944.

Laszlo_NEMES.jpg
Bien entendu, je n'ai pas encore vu ce film. Quand ce sera le cas, je le chroniquerai dans la page "films" du site. J'en connais néanmoins sans doute assez précisément les intentions, du moins telles qu'elles étaient pensées à l'été 2011. En effet, son auteur m'avait alors contactée pour me demander si j'accepterais de donner mon avis sur le scénario. Je réponds toujours positivement aux demandes qui me sont adressées, même si parfois il faut un peu de patience avant d'obtenir une réponse, particulièrement ces derniers temps où divers soucis entravent sévèrement mon énergie. A l'époque, ce n'était d'ailleurs pas trop le cas, me ralentissait seulement la quantité de mails en attente. Quoi qu'il en soit, au fil de toutes ces années, j'ai mis un point d'honneur à toujours répondre aussi complètement que je le pouvais aux demandes que je recevais.
Certes, je fonctionne ainsi parce qu'il me semble nécessaire de le faire, parce que je suis qui je suis, et je n'attends rien de plus qu'un "merci" en retour. Dans le cas de ce film, j'avais été très peinée. Après des échanges de mails, celui qui rendait compte de ma lecture critique de la note d'intention et du pré-scénario s'ouvrait par un préambule où je mettais en garde : je n'allais pas évoquer tout ce qui me semblerait judicieux et positif, mais à l'inverse je me concentrerais sur tout ce qui pourrait poser problème, mes réactions et mes interrogations. S'en suivait donc un long mail... auquel je n'ai pas eu de réponse.
Alors oui, me voilà donc doublement peinée aujourd'hui d'apprendre, comme tout un chacun, par ma veille sur le sujet des prisonniers des Sonderkommandos, que ce film a été mené à son terme, même si je m'en réjouis aussi et que je suis bien entendu très intéressée et dans l'attente de le voir.

jeudi 18 décembre 2014

Un tableau de David Olère à Auschwitz

Il vient d'être donné au Musée d'Auschwitz Birkenau.

DO-1952-BBC.jpg Il s'agit de la toile "En marche pour l'écoute forcée de la BBC" de 1952 (98x163cm).

C'est le premier tableau de l'artiste qui entre dans ce musée où il a en effet toute sa place. Néanmoins, une question, pour moi, reste entière : quand pourra t-on voir, dans les collections permanentes de musées français, des œuvres de cet artiste devenu témoin d'exception ? (une seule peinture, à ce jour). Car tout de même, il a clairement choisi la France et justice ne lui a jamais été rendue, ni en tant qu'artiste avec ses œuvres antérieures à la guerre (malgré les prix obtenus), ni en tant que témoin avec ses œuvres postérieures (malgré le caractère définitivement unique de son témoignage).

La page qui lui est consacrée sur le site est visible en cliquant ici et mon intervention à son propos au Colloque international de Bruxelles en cliquant là.

vendredi 27 juin 2014

Solidarité... résistance... ?

Sans commentaire, cette capture d'écran :
Journal_du_centre.jpg

mercredi 30 octobre 2013

Les ghettos : nouvelle expo au Mémorial de la Shoah

Ghettos_Memorial.jpg

Présentation à voir ici.
Pour des pages spécifiques sur Łódź / le ghetto de Litzmannstadt, c'est là.

lundi 21 octobre 2013

Éva Heyman / J'ai vécu si peu

Heyman.jpg
Avis aux toulousains : samedi 9 novembre à 17h30 à la librairie Ombres Blanches, Yvette Goldberger viendra présenter ce livre publié en 1948 par la mère de l'auteur, et paru en français il y a quelques mois. Le traducteur de cet ouvrage, Jean-Léon Muller, échangera avec la salle.

Il s'agit du journal tenu par une jeune fille hongroise de 13 ans, de février à mai 1944. En juin elle sera déportée à Auschwitz où elle sera assassinée en octobre.

La présentation de ce livre par l'éditeur est ici.

mardi 15 octobre 2013

Les témoignages au procès d'Auschwitz à Francfort

Ce procès qui a duré 20 mois dans les années 60 (voir ici) était déjà disponible en DVD. Les témoignages peuvent désormais, pour bon nombre d'entre eux, être écoutés en ligne ici.

mardi 13 août 2013

Suite française, le livre d'Irène Némirovsky . . .

... va être adapté au cinéma par l'anglais Saul Dibb et sortira en 2014. Hélas Denise Epstein n'est plus là pour voir ce film et se prononcer.
Ma page concernant l’œuvre d'I. Nemirovsky sur le site est accessible en cliquant ici.

samedi 13 juillet 2013

Les Rroms invitent le Président de la République

. . . à la commémoration du 02 août à Birkenau.
(Voir aussi le post du 02 août 2008 sur le présent blog).

Zigeunerlager_Birkenau_Memorial.jpg Mémorial du "Zigeunerlager" à Birkenau - Image : archives personnelles

Samudaripen_commemoration_2013.png

Vous trouverez d'autres infos concernant ce sujet sur le site en cliquant ici.

jeudi 13 juin 2013

Sobibor, un tunnel et des approximations

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Des fouilles archéologiques sont en cours à Sobibór et la presse en rend compte sur le net. Je lis et parfois je m'étrangle.

Le 06 juin, le Telegraph nous explique que "le Sonderkommando était composé de prisonniers chargés de conduire les victimes aux chambres à gaz..." ("The sonderkommando was comprised of prisoners tasked with herding victims to the gas chambers". Je passe, non sans mal, sur la traduction de "herding"). Mais seuls les prisonniers des crématoires d'Auschwitz et Birkenau étaient appelés "Sonderkommandos". Dans les centres de mise à mort tel Sobibór, les appellations étaient différentes et "Sonderkommando" y était utilisé pour les SS... Quant à laisser les prisonniers affectés aux chambres à gaz se déplacer librement à travers les différentes parties du camp et le traverser pour aller chercher les futures victimes à leur arrivée... on reste sans voix !

Le 07 juin, c'est Haaretz qui propose un article qui donne plus longuement la parole à l'un des deux archéologues, Yoram Haimi. Celui-ci va nous dire que peut-être même ils trouveront les restes des juifs creuseurs du tunnel, qui auraient été ensevelis vivants... ("we may even find the remains of Jews who tried to escape and were buried alive") mais je préfèrerais savoir ce qu'ils ONT trouvé plutôt que ce qu'ils IMAGINENT pouvoir trouver, alors je poursuis la lecture. Ils ont notamment mis à jour 7 squelettes de personnes ayant entre 65 et 80 ans, abattues d'une balle dans la tête. Mais là, stupeur : Y. Haimi se serait laissé aller à dire qu'il pense qu'il s'agit de Juifs, amenés de Treblinka pour le démantèlement de Sobibor, qui faisaient là-bas partie du Sonderkommando. Je ne réitère pas ma remarque sur ce qu'il en est des "Sonderkommandos" à Treblinka. Mais pour le reste, épatant, non ? Et pas d'intuition sur leur profession avant leur déportation ? leur nationalité ? Bon, je fais du mauvais esprit. Quoi qu'il en soit, il fallait que les SS de Treblinka et Sobibor soient bien stupides pour choisir des personnes (étaient-ce seulement des squelettes d'hommes ?) ayant entre 65 et 80 ans pour assurer le travail consistant à sortir des milliers de cadavres des chambres à gaz, qui nécessite force physique et pleine santé. En revanche, au "Lazarett"... Bon, j'abandonne cet article.

Le jour suivant, 08 juin, c'est le Huffington Post qui relaie l'information. Là (je devrais peut-être écrire "las" ?) on retrouve bien entendu la mention des "Sonderkommandos" mais surtout on découvre que les victimes de Sobibór ont été assassinées entre le printemps 42 et la fin 44 ("Between the spring of 1942 and the fall of 1944"). Cette fois je suis assommée. Les négationnistes vont bien se régaler avec tout ça, j'imagine.

Je n'ai pas essayé de relever toutes les erreurs, mais seulement quelques éléments saillants. Je suggère la lecture :
de Yitzhak ARAD / Belzec, Sobibor, Treblinka
et de Thomas BLATT / From the ashes of Sobibor
ou encore de Richard RASHKE / Les Evadés de Sobibor
et bientôt de l'ouvrage de Sila CEHRELI (en attente de parution). D'ailleurs, puisque les gens avertis s'autorisent des hypothèses, pourquoi pas moi ? alors je lui demanderais volontiers ce qu'elle accorde comme crédit à l'idée du tunnel sous l'atelier des menuisiers (plutôt que sous le bâtiment des "Totenjuden") puisque des survivants se souviennent de cette idée de tunnel... mais la menuiserie est tout à fait au Sud du camp alors que le "Lager 3" est tout à fait au Nord...

dimanche 12 mai 2013

Cannes : Lanzmann et Murmelstein

Cannes 2013 Le Festival de Cannes se déroulera cette année du 15 au 26 mai. Parmi les films hors compétition, se trouve un nouveau document de Claude Lanzmann intitulé "Le Dernier des Injustes" (3h40).

Il évoque Benjamin Murmelstein (né en 1905 à Lvov, mort en 1989 à Rome). Le personnage est regardé selon les cas de façon complètement ambivalente : considéré par certains comme un collaborateur des nazis surtout soucieux de sauver sa vie et celle de ses proches, il est vu par d'autres comme quelqu'un qui a tout fait -étant donné le contexte- pour sauver autant de Juifs que possible.

A l'issue de ses études de philosophie, après la première guerre mondiale, Benjamin Murmelstein était rabbin à Vienne. De 1938 à novembre 41, par des négociations avec Eichmann, il aurait permis à 128.000 Juifs de s'enfuir en émigrant. En janvier 43, il sera lui-même déporté à Theresienstadt où il veillera à "l'embellissement de la ville" pour la propagande (on sait que ce ghetto était utilisé comme vitrine, qu'il a été visité par la Croix Rouge -cf Un Vivant qui passe- afin de laisser croire que les Juifs étaient bien traités, qu'il a fait l'objet d'un film de propagande : "Der Führer schenkt den Juden eine Stadt"). A l'automne 44, les derniers convois partent de Theresienstadt vers Auschwitz avec Jacob Edelstein, le Judenälteste (Président du Conseil juif ou Judenrat) et c'est Benjamin Murmelstein qui devient responsable du ghetto. Arrêté peu après la libération, il sera emprisonné à Prague puis libéré après quelques mois. Il partira alors vivre en Italie (en 1947). Lors de la préparation du procès d'Eichmann (1961) il propose son témoignage mais ne sera pas retenu. En 1975, Claude Lanzmann, dans le cadre de ses recherches pour le film Shoah, rencontrera Benjamin Murmelstein, qui semble être le seul Président d'un Judenrat resté en vie. Ces entretiens ne figureront finalement pas dans son film. Ils font l'objet de celui qui nous est proposé aujourd'hui.

dimanche 5 mai 2013

"Nouveau" site Sonderkommando.info !

Sonder nouvelle version C'est le même site... et ce n'est pas le même. Explications...

Ceux qui ont bonne mémoire se souviennent peut-être qu'il y a un certain temps -je préfère ne pas préciser combien- j'avais annoncé avec enthousiasme une "migration" du site vers une nouvelle version destinée à apporter diverses améliorations. Depuis, nous (le webmaster du site et moi) y avons travaillé autant que possible, mais l'affaire s'est révélée beaucoup plus longue que prévu (me serai-je engagée dans ce travail si j'avais eu une idée précise de ce qu'il en serait en termes de nombre d'heures de travail ? Je n'en suis pas sûre !) Après divers aléas informatiques et autres imprévus de la vie, nous voilà arrivés au terme de cette nouvelle version du site.

La page d'accueil est assez différente au premier regard, plus dynamique, et laisse peut-être croire qu'il ne s'agit plus du même site : il n'en est rien ! Je continue les recherches et le site de la même façon et toutes les pages qui figuraient sur le site que vous connaissiez sont toujours là, sur le "nouveau" (tous les liens restent d'ailleurs valables). Si vous avez des difficultés à vous y retrouver, une page présente l'architecture du site (en lien ici)

Si vous constatez des soucis et dysfonctionnements, n'hésitez pas à me faire un mail pour me prévenir (un formulaire direct figure notamment en bas de la page d'accueil) afin que je puisse effectuer les modifications nécessaires. Je vous en remercie à l'avance et vous souhaite une bonne (re)découverte !

mardi 23 avril 2013

50 anciens gardiens d'Auschwitz pistés par la justice allemande

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         L'information est apparue en France dans une dépêche AFP du 06 avril 2013. L'Office central d'étude des crimes nazis de Ludwigsburg (Zentrale Stelle zur Aufklärung NS-Verbrechen) entame une procédure de recherche sous la houlette de M. Kurt SCHRIMM, Procureur en chef (Oberstaatsanswalt) qui dirige pour ce faire une équipe de 20 personnes dont 5 procureurs.
Il n'y a pas encore d'informations spécifiques sur le site de la Zentrale Stelle, en revanche une recherche sur les sites allemands mène notamment vers une interview très intéressante de M. Kurt SCHRIMM menée par Mme Clara WALTHER le 1er mars 2013. On y apprend que M. SCHRIMM, lorsqu'il était à Stuttgart, a mené en justice le SS Oberscharführer Josef SCHWAMMBERGER, chef du ghetto de Przemsyl et en charge de deux camps de travail (condamnation en 1992).
Mais M. SCHRIMM nous explique surtout comment le cas Demjanjuk fait jurisprudence (voir les articles le concernant sur le présent blog) et modifie les possibilités de poursuites judiciaires. Depuis ce procès, il est possible de mener des investigations envers d'anciens gardes de camps, ce qui ne l'était pas précédemment. En effet, jusqu'alors, il était nécessaire, dans le droit allemand, d'avoir des preuves de l'implication individuelle de la personne concernée. Ainsi, il n'était pas possible de poursuivre de 80 à 90% des anciens criminels nazis (NS-Verbrecher) faute de témoins, affirme M. SCHRIMM. Désormais, avoir participé au fonctionnement du camp est considéré comme avoir été de fait un rouage de la machinerie de meurtre ("Teil der Vernichtungsmaschinerie") même s'il n'y a pas ou plus de témoin.
Kurt SCHRIMM explique qu'il devient ainsi important et utile de s'intéresser par exemple aux noms des milliers de membres de la police et de la SS qui ont participé à l' "Aktion Erntefest" de Majdanek où 43.000 Juifs ont été abattus les 3 et 4 novembre 1943.
Pour lui, la priorité dans ces démarches de recherche des coupables est un objectif d'éducation et d'information ("Es gehe um Aufklärung") : nous n'en savons pas assez, que s'est-il passé exactement ?
De nombreux articles se recoupent sur le site "derwesten.de", le plus souvent sous la signature de Dietmar SEHER, rappelant ces informations et les complétant par quelques autres. Nous apprenons ainsi que l'équipe de Ludwigsburg travaille beaucoup sur les archives de divers pays (Italie, Grèce, Ukraine sont cités) et se réjouit de l'accessibilité des archives de l'ONU et des pays de l'Est. Leurs investigations les mènent bien entendu aussi vers l'Amérique du Sud, où beaucoup de criminels se sont enfuis après guerre.
Dans la presse française, une interview de Thomas WALTHER, magistrat concerné par le procès Demjanjuk, est en ligne sur le site de L'Express (le 12 avril) sous la plume d'Anne VIDALIE. A son avis, "les premiers dossiers pourraient être soumis à la justice allemande dans quelques mois" mais les recherches pourraient prendre jusqu'à 3 ans. Un autre article du même journal (le 10 avril) indiquait que "les premiers dossiers pourraient être bouclés d'ici 3 ou 4 mois. Ils seront ensuite transmis aux différents parquets concernés, selon le lieu de résidence des suspects. A eux de décider d'engager ou non une procédure pénale".
A suivre, donc...

29 avril : Le journal Die Welt a publié 10 articles à ce jour sur Hans LIPSCHIS qui serait le premier des gardiens pour lesquels une enquête serait ouverte (depuis l'automne 2012). Il est présenté comme SS en service à Auschwitz de 1941 à 45 (mais le parquet de Stuttgart ne donne pas de nom et Ludwigsburg ne confirme pas celui de Lipschis). L'AFP relaie ces infos le 24 avril 2013.

lundi 8 avril 2013

Journée de la mémoire et Sonderkommando

J'apprends avec surprise et intérêt que ce matin en Israël, pour Yom Ha Shoah, six survivants allumeront les flammes du souvenir. L'une de ces six personnes sera Eliezer Eisenschmidt, survivant du dernier Sonderkommando où il a été envoyé en décembre 42. Vous trouverez un lien ici concernant cette cérémonie.
Il semble qu'on soit en droit de penser que cette fois, enfin, s'ouvre un regard différent sur les prisonniers des Sonderkommandos.

mercredi 13 mars 2013

Abandon par KO

Pourriel Ce blog est envahi de spam depuis longtemps, à tel point qu'il est devenu impossible de gérer ces pseudo-commentaires qui pleuvent par dizaines quotidiennement et se comptent par milliers à ce jour ! De véritables commentaires peuvent donc se perdre au milieu des spams lorsque je ne les vois pas, et donc ne jamais apparaître. Je vous prie de m'excuser si cela s'est déjà produit.
Le remodelage et la migration du site sont en cours, travail de longue haleine s'il en est. Dans ce contexte nous allons voir ce qu'il est possible de faire pour rétablir un blog qui serait mieux protégé des "pourriels"...
A bientôt !

jeudi 28 février 2013

Tel que je l'ai reçu. Stephane HESSEL / CNR

Pour Stéphane Hessel, une ultime demande aux journaux Le Monde et Libération.

On se souvient que dans l'après-midi du 8 mars 2004, Stéphane Hessel avait pris la peine de démarcher personnellement la presse parisienne afin que l' « Appel des Résistants aux jeunes générations », proclamé ce jour-là, soit publié dans les pages « débats » de la presse nationale de référence, et notamment dans Le Monde et de Libération, deux titres qui avaient été absents de la conférence de lancement, le matin même.

Or, le grand résistant se fit éconduire. De fait, pour des raisons énigmatiques, cet Appel n'est encore jamais paru dans le quotidien fondé par Beuve-Méry, alors dirigé par Jean-Marie Colombani, Alain Minc et Edwy Plenel.

Et pourtant, c'est ce même quotidien qui quelques années plus tard, rendant compte du succès considérable du livre« Indignez-vous » reconnaissait « l'Appel de 2004 comme " une étape-clé dans cette nouvelle réactivation du passé de l' "armée des ombres" par un appel solennel à un "programme de résistance" pour lutter contre les injustices et la domination sociale et médiatique des puissances d'argent, la "dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie ». (Le Monde des livres, Nicolas Offenstadt, 15 avril 2011).

Et pourtant les lecteurs du Monde n'ont jamais eu connaissance de ce petit texte et de ses trois précieuses recommandations, qui restent d'actualité neuf ans après leur proclamation par Lucie et Raymond Aubrac, Germaine Tillion, Stéphane Hessel et leurs amis.

Pas plus que les lecteurs de Libération, malgré de nombreuses démarches faites auprès des deux rédactions.

C'est pourquoi, mesdames et messieurs les responsables du Monde et de Libération, en ce 27 février alors que Stéphane Hessel est disparu cette nuit même, ainsi que de trop nombreux acteurs et témoins de génération de la Résistance, nous vous demandons de bien vouloir publier ce texte, afin d'exaucer un des derniers vœux inaccomplis de Stéphane Hessel, puisque vous en avez le pouvoir en ces jours-ci.

Dans cette attente, et malgré notre tristesse, nous vous prions de croire dans l'actualité des idéaux de la résistance, illustrée par l'origine de vos deux titres.

Appel des Résistants aux jeunes générations du 8 mars 2004 / Appel à la commémoration du 60e anniversaire du programme du C.N.R. de 1944

Au moment où nous voyons remis en cause le socle des conquêtes sociales de la Libération, nous, vétérans des mouvements de Résistance et des forces combattantes de la France Libre (1940-1945), appelons les jeunes générations à faire vivre et retransmettre l'héritage de la Résistance et ses idéaux toujours actuels de démocratie économique, sociale et culturelle. Soixante ans plus tard, le nazisme est vaincu, grâce au sacrifice de nos frères et soeurs de la Résistance et des nations unies contre la barbarie fasciste. Mais cette menace n'a pas totalement disparu et notre colère contre l'injustice est toujours intacte. Nous appelons, en conscience, à célébrer l'actualité de la Résistance, non pas au profit de causes partisanes ou instrumentalisées par un quelconque enjeu de pouvoir, mais pour proposer aux générations qui nous succéderont d'accomplir trois gestes humanistes et profondément politiques au sens vrai du terme, pour que la flamme de la Résistance ne s'éteigne jamais :

- Nous appelons d'abord les éducateurs, les mouvements sociaux, les collectivités publiques, les créateurs, les citoyens, les exploités, les humiliés, à célébrer ensemble l'anniversaire du programme du Conseil national de la Résistance (C.N.R.) adopté dans la clandestinité le 15 mars 1944 : Sécurité sociale et retraites généralisées, contrôle des " féodalités économiques " , droit à la culture et à l'éducation pour tous, presse délivrée de l'argent et de la corruption, lois sociales ouvrières et agricoles, etc. Comment peut-il manquer aujourd'hui de l'argent pour maintenir et prolonger ces conquêtes sociales, alors que la production de richesses a considérablement augmenté depuis la Libération, période où l' Europe était ruinée ? Les responsables politiques, économiques, intellectuels et l'ensemble de la société ne doivent pas démissionner, ni se laisser impressionner par l'actuelle dictature internationale des marchés financiers qui menace la paix et la démocratie. - Nous appelons ensuite les mouvements, partis, associations, institutions et syndicats héritiers de la Résistance à dépasser les enjeux sectoriels, et à se consacrer en priorité aux causes politiques des injustices et des conflits sociaux, et non plus seulement à leurs conséquences, à définir ensemble un nouveau " Programme de Résistance " pour notre siècle, sachant que le fascisme se nourrit toujours du racisme, de l'intolérance et de la guerre, qui eux-mêmes se nourrissent des injustices sociales. - Nous appelons enfin les enfants, les jeunes, les parents, les anciens et les grands-parents, les éducateurs, les autorités publiques, à une véritable insurrection pacifique contre les moyens de communication de masse qui ne proposent comme horizon pour notre jeunesse que la consommation marchande, le mépris des plus faibles et de la culture, l'amnésie généralisée et la compétition à outrance de tous contre tous. Nous n'acceptons pas que les principaux médias soient désormais contrôlés par des intérêts privés, contrairement au programme du Conseil national de la Résistance et aux ordonnances sur la presse de 1944.

Plus que jamais, à ceux et celles qui feront le siècle qui commence, nous voulons dire avec notre affection :

" Créer, c'est résister. Résister, c'est créer ".

Les personnalités de la Résistance signataires de cet Appel du 8 mars 2004 (réunis suite à une invitation du mouvement ATTAC) sont :

Lucie AUBRAC, décédée le 14 mars 2007, enseignante, co-fondatrice du mouvement résistant « Libération », prend la tête d’un commando armé pour libérer son mari arrêté à Lyon par la Gestapo. A la Libération, elle est chargée de superviser l’installation des comités départementaux de Libération (notamment à Nantes).

Raymond AUBRAC, décédé le 10 avril 2012, ingénieur, co-fondateur de « Libération-Sud », membre de l’Etat-major de l’Armée secrète, arrêté deux fois, commissaire de la République à Marseille (préfet régional) lors de la Libération.

Henri BARTOLI, décédé le 1er octobre 2008, reconnu "Juste parmi les nations" (pour avoir sauvé des Juifs), résistant alors qu’il est lycéen et étudiant, diffuse « Témoignage chrétien » clandestin et des faux-papiers, travaille au sein du CNR sur la politique économique d’après-guerre.

Daniel CORDIER, parachuté en France occupée, principal adjoint et secrétaire de Jean Moulin, fondateur du CNR

Philippe DECHARTRE, résistant, membre des cercles de gaullistes historiques, plusieurs fois ministre et député après la guerre.

Georges GUINGOUIN, décédé le 27 octobre 2005, instituteur, résistant dès l’été 1940, prend la tête des maquis de la région de Limoges (jusqu’à 20 000 combattants), ville qui est libérée sans attendre les Alliés, maire de Limoges après la guerre.

Stéphane HESSEL, décédé le 27 février 2013, jeune allemand naturalisé français avant la guerre, rejoint de Gaulle en 1941, chargé de mission en France occupée, arrêté en juillet 1944 et déporté à Buchenwald puis Dora. Carrière d’ambassadeur après la guerre. Militant antiraciste. Son ouvrage Indignez-vous, paru en ....

Maurice KRIEGEL-VALRIMONT, décédé le 2 août 2006, syndicaliste avant la guerre, membre du Comité militaire du CNR, responsable militaire de la libération de Paris avec Rol-Tanguy. Député communiste après la guerre.

Lise LONDON, décédé le 31 mars 2012, ancienne des Brigades Internationales dans l'Espagne républicaine, capitaine dans la Résistance, ancienne déportée à Ravensbrück, épouse d’Arthur London (ministre tchèque victime du stalinisme en 1952).

Georges SÉGUY, ouvrier-imprimeur, résistant au sein des Francs-Tireurs et Partisans Français, arrêté en 1944, déporté au camp de Mauthausen, dirigeant syndicaliste après la guerre.

Germaine TILLION, décédée le 19 avril 2008, ethnologue spécialiste de l’Algérie avant la guerre, chef du réseau de Résistance du Musée de l'Homme, déportée à Ravensbrück, militante humaniste et anticolonialiste après la guerre

Jean-Pierre VERNANT, décédé le 9 janvier 2007, grand historien spécialiste de la Grèce antique, étudiant antifasciste avant la guerre, résistant dès 1940, organisateur militaire, libérateur de Toulouse avec ses camarades.

Maurice VOUTEY, décédé le 2 mai 2012, résistant, déporté à Dachau puis dans les camps du Neckar. Secrétaire général de la Fédération nationale des déportés et internés résistants patriotes (FNDIRP). -⓪-

Merci de rediffuser cet important Appel autour de vous, et notamment auprès des jeunes générations.

mercredi 7 novembre 2012

Quand Hugo Jaeger photographiait le ghetto de Kutno

Kutno
Qui était Jäger (en anglais).

"A contrario de la plupart des photos prises par les nazis dans les ghettos et connues jusqu’ici, visant à montrer les juifs comme des sous-hommes, des images de domination, de soldats aryens humiliant ces habitants, les photos prises par Hugo Jaeger font preuve d’empathie. De curiosité aussi, peut-être de fascination, du moins ne témoignent nulle hostilité, sinon de la misère et des privations régnant dans le ghetto" constate notamment Alain Granat.
Ces images du ghetto sont visibles en cliquant ici.

(et pour retrouver les pages du site concernant Lodz et son ghetto, il faut cliquer là).

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