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jeudi 22 octobre 2009

Stig Dagerman / Michael Gaumnitz : 1946, Automne allemand

Ruines_Berlin.jpg Un écrivain Suédois de 23 ans du nom de Stig Dagerman (1923-1954) a passé une saison (fin septembre à mi-décembre 46) dans différentes villes d'Allemagne. Il observe, décrit, commente et s'interroge, en particulier sur les choix des Alliés et leurs conséquences. De la même façon il a parcouru la France de 48.
Beaucoup des textes de cet auteur sont disponibles chez Agone. et Actes Sud.
Hier Arte a proposé le film que Michael Gaumnitz (né en 47 à Dresde) vient de réaliser avec une fidélité remarquable au texte "Automne allemand". Il nous le présente ici nourri d'images d'archives et enrichi par sa propre créativité au travers de dessins dont on voit la réalisation en surimpression (palette graphique).
On peut voir ce film ICI durant une semaine.

mardi 6 octobre 2009

Marek Edelman

Marek Edelman, témoin du ghetto de Varsovie et combattant lors de son insurrection, vient de mourir (le 02 octobre).

Voir la "page zoom" qui lui est consacrée sur le site (en cliquant ici)
et le post du 19 avril 2008 sur le présent blog.

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Varsovie, été 2009.

Photo archives personnelles.

Au premier plan les travaux du futur musée, et derrière eux le monument hommage à la révolte du ghetto.


A lire également : cet article du Courrier International

mardi 1 septembre 2009

Mémoire du ghetto de Lodz / Łódzkiego getta

Carte_Pologne.jpg





Łódź est la 3ème ville de Pologne après la capitale Warszaw (Varsovie) puis la ville de Kraków (Cracovie).






Ce fut aussi la ville du premier grand ghetto : ouvert par les nazis en avril 40, seul celui de Varsovie sera ensuite plus grand. Le ghetto de Lodz est aussi celui qui dura le plus longtemps (jusqu'à la fin août 44) sans doute en grande partie du fait des nombreuses entreprises qui lui étaient annexées et utilisaient la main d'oeuvre Juive. Il est connu aussi pour la personnalité trouble du chef de son Judenrat Chaïm Rumkowsky...
Vient d'être commémoré le 65ème anniversaire de la liquidation de ce ghetto de la ville de Lodz (rebaptisée "Litzmannstadt" à l'époque par les nazis), dont les habitants furent assassinés à Chelmno (alias "Kulmhof am Ner") ou Oświęcim (Auschwitz). Certains des 830 survivants (sur des dizaines de milliers d'hommes, femmes et enfants de la région mais aussi déportés de l'étranger) avaient fait le voyage depuis les divers pays dans lesquels ils ont choisi de vivre après guerre. Simcha Keller, le chef actuel de la Communauté Juive de Lodz était présent, le Premier Ministre Lech Kaczynski avait également fait le déplacement.
Plusieurs centaines de personnes ont ainsi participé à une marche depuis la gare de Radegast, d'où partaient les convois, jusqu'au "Parc des Survivants".
Chronique du ghetto : voir
http://www.dw-world.de/dw/article/0,2144,3360859,00.html

dimanche 30 août 2009

Dernières lueurs

Petit bilan d'un été grandement actif...

Bien entendu j'ai eu davantage de temps pour lire, mais de cela je vous rends compte au fur et à mesure, comme d'habitude, sur la page "médiagraphie" du site consacrée aux livres. Pour le reste, en revanche...

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         J'ai d'abord eu la chance d'être retenue pour l'Université d'été à Paris du Mémorial de la Shoah. J'en profite pour le remercier au passage, à la fois pour organiser ce type de séminaire, pour avoir retenu ma candidature, pour la qualité et la densité du programme qui nous a été proposé, mais aussi plus généralement pour la disponibilité et l'aide que j'ai trouvées au Mémorial chaque fois que je m'y suis rendue pour travailler aux archives. Faisait partie des activités proposées une visite commentée à Drancy où je n'avais jamais pris le temps d'aller (monument ci-contre, avec une partie du "U" en arrière-plan).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         J'en ai profité aussi, avant de quitter Paris où je ne me rends plus que très rarement et en coup de vent, pour retourner au cimetière du Père Lachaise, notamment dans la section réservée aux mémoriaux des différents camps. (Ci-contre, la plaque du monument commémoratif d'Auschwitz - Birkenau).

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Un peu plus tard, nous avons réussi à trouver, avec mon amie Isabelle de Montpellier, quelques jours communs de liberté dans nos emplois du temps chargés. Cette fois c'est un après-midi avec ma fille (adorable, évidemment) au camp de Rivesaltes que j'ai ajouté au programme avant notre retour. Nous ne nous attendions pas à cette plaine immense, écrasée de chaleur, avec ces bâtiments des diverses parties du camp à perte de vue... Beaucoup de photos et des rencontres sur place...

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Enfin ce fut la semaine à Varsovie dans laquelle a réussi à tenir de façon satisfaisante un programme assez considérable. Avant tout, bien entendu, il s'agissait de poursuivre les recherches au ŻIH, le Musée d'Histoire Juive, aux célèbres archives. Ce bâtiment a échappé à la destruction méthodique de la ville voulue par les nazis. A ses côtés s'élève désormais ce que les habitants de Varsovie appellent "la tour bleue", en lieu et place de ce qui fut la plus grande synagogue de la Varsovie d'avant guerre. Un travail concentré et méthodique secondé par l'efficacité et la disponibilité du personnel du service des Archives -je tiens à remercier en particulier Mmes E. Bergmann et A. Reszka- me permet de ramener les documents que j'étais allée chercher. Un investissement considérable reste nécessaire, notamment la traduction de ces documents qui, bien entendu, sont en Polonais ou en Yiddish...

OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Nous avons aussi sillonné la ville en tous sens, jour après jour, sur les traces du ghetto. Impressions puissantes à parcourir des rues dont les noms m'étaient connus par la lecture du journal d'A. Czerniaków... J'ai pensé beaucoup aussi à Mme Larissa Cain que j'ai eu la chance de rencontrer (son témoignage quant au ghetto de Varsovie est visible en cliquant ici), une femme remarquable d'intelligence et de douceur...
Etrange et sans doute signifiante cette apparente opposition entre les bâtiments antérieurs à 40 qui semblent le plus souvent sur le point de s'effondrer et les plaques mémorielles aux textes de qualité réparties ici et là dans l'ancien ghetto (dont on nous a dit qu'elles avaient été installées conjointement par la municipalité et la communauté juive depuis quelques années).

SONY DSC Et puis nous sommes allés à Lublin - Majdanek. Immensité du camp et rareté des visiteurs. La photo ci-contre donne un petit aperçu de ces dimensions étonnantes, d'abord au travers du monument (voir la taille des personnes du groupe juste dessous) mais aussi en regardant l'horizon (sachant que lorsque les limites du camp sont atteintes, commencent les logements des habitants de Lublin) !

Tout cela pourrait faire... devrait faire... fera ?... l'objet de pages informatives sur le site. Mais elles seraient bien au-delà de mon sujet de recherche et de l'objet du site. D'ailleurs où les intégrer ? (dans les "pages zoom" ?) Enfin et surtout : quand les rédiger ? Eternel rêve d'avoir tout mon temps pour travailler à ces sujets !

vendredi 28 août 2009

B. Netanyahou in Berlin

Vous vous souvenez sans doute des originaux de plans d'Auschwitz découverts dans un appartement en novembre 2008 ? (à défaut, voir le post sur ce blog fait à l'époque). Lors de sa visite à A. Merkel, B. Netanyahou s'est vu remettre ces plans par le Rédacteur en chef du Bild afin qu'ils figurent désormais parmi les archives de Yad Vashem. Le Premier Ministre s'est ensuite rendu à Wannsee, lieu de la célèbre conférence du 20 janvier 42.

jeudi 6 août 2009

Treblinka, camp d'extermination, révolte le 02 août 1943

Allez savoir pourquoi, le 2 août, j'ai tapé "révolte 2 août 43" dans le moteur de recherche "Google"... Consternation au rendez-vous, voilà ce qui est apparu :

R_volte_Treblinka.jpg

Double désolation : devant ma définitive (semble-t-il) naïveté et surtout devant ce qu'il faut bien en conclure quant à la majorité de mes congénères : c'est "secret story" qui intéresse avant tout ! Les échanges d'un vide désarmant entre ces jeunes rats en cage passionnent les foules. Le fait est que le ridicule de cette émission télévisée ne laisse aucune trace, alors qu'écouter le témoignage d'Eliahu Rosenberg, survivant de Treblinka...

dimanche 14 juin 2009

Rendre leurs noms aux victimes de la Shoah

Base_de_donn_es_victimes.jpg Depuis peu a vu le jour, sous la responsabilité de Ewa Tazbierska, un site dont l'objectif est de retrouver les noms des victimes de la Shoah : www.straty.pl. Ce travail existait déjà sous une autre forme depuis 2006 et avait ainsi permis de rassembler un million cinq cent mille noms. Y sont répertoriés et donc réunis les noms des personnes connus par les documents d'archives se trouvant dans divers pays.
Cette base de données peut aujourd'hui être également être complétée par des survivants ou des descendants : il est possible dès à présent de déposer un formulaire concernant les membres de sa famille (un document par personne ayant péri lors d'une "Aktion", dans un ghetto ou dans un camp).
Le chiffre officiel en ce qui concerne la Pologne a été établi en 1946 : le nombre des victimes a été fixé (estimé) assez aléatoirement à 6.028.000. Un historien participant à ce travail de fourmi déclare que le résultat est imprévisible, surtout si l'on songe au chiffre de quatre millions et demi que défendent certains historiens, ou celui compris entre sept et huit millions qu'envisagent les démographes.

Pour des recherches, voir aussi la base du "JRI" (Jewish records indexing) ICI.

mardi 28 avril 2009

Une lettre de prisonniers d'Auschwitz

Un message cosigné par sept prisonniers vient d'être retrouvé à Oświęcim à l'occasion de travaux dans un bâtiment faisant autrefois partie du camp. Premières infos à ce propos à lire ici sur Beskid info.

lundi 27 avril 2009

Les Tziganes en France

Juste deux lignes pour signaler un article sur le Daily Nord qui évoque le "convoi Z" et vous intéressera sans doute (il propose également des pistes bibliographiques).

mardi 21 avril 2009

Le Verfügbar aux Enfers de Germaine Tillion

Verf_gbar.jpg Avez-vous regardé hier sur Arte l'émission consacrée au texte écrit en 44 par l'ethnologue et ses camarades prisonnières à Ravensbrück ? Cette "opérette" a été montée au Châtelet au printemps l'année dernière.
Il est encore temps, si vous n'avez pas pu la voir hier, de regarder l'émission qu'a réalisée David Unger en cliquant ICI. Durant une semaine la chaîne laisse ses émissions à la disponibilité des internautes. Prenez une heure, vous ne le regretterez pas. C'est un document sensible et intelligent, tout en retenue, qui s'adresse au meilleur de ce qui est en nous avec une fidélité qui semble totale -autant qu'on puisse en juger- au propos de Germaine Tillion : seules l'intelligence, l'amitié et le rire pouvaient donner une chance de résister.

lundi 20 avril 2009

Des croix gammées à Drancy

Faut-il en parler ?
Une question volontairement provocatrice...
OLYMPUS DIGITAL CAMERA         Mais d'abord un rappel des faits : dans la nuit de vendredi à samedi, vers 2 h du matin, un homme de type européen d'une vingtaine d'années (filmé par les caméras de surveillance) est venu couvrir la stèle du mémorial de deux croix gammées ainsi qu'une troisième sur le wagon du souvenir. En fin de matinée du samedi tout était nettoyé, elles avaient été effacées.

Drancy.jpgSi besoin est, un rappel historique. La Cité de la Muette de Drancy faisait partie des premiers HLM construits en France dans les années 30. Ce bâtiment de plusieurs étages en forme de U a très vite pris une sombre destination. Clôturé il est transformé en camp. Ce sont d'abord des réfugiés Espagnols puis essentiellement des Juifs : Drancy devient le camp de transit de leur déportation vers les camps d'extermination, Auschwitz essentiellement. En effet, la France est largement muette...
Faut-il pour autant que ce blog évoque le comportement lamentable et consternant de cet individu qui finalement est sans doute surtout un pauvre type bon à éduquer (voire à soigner ?). Est-ce que cela ne lui fera pas surtout plaisir parce qu'on parlera de lui, fut-ce de façon négative ? Alors je trouve tout à fait satisfaisant et suffisant de lire et savoir que JC Lagarde, le député maire de la ville s'est immédiatement rendu sur place, que le CRIF exprime son indignation ainsi que JM Bocquel le secrétaire d'Etat aux Anciens Combattants, et que H Chalghoumi l'Imam de Drancy est venu dire son soutien.

C'est Paques, c'est Yom Hashoah et lundi prochain c'est la journée de la Déportation.

lundi 6 avril 2009

Ivan (rebaptisé John) Demjanjuk

De_Siedlice___Treblinka__les_gardes_Ukrainiens.jpg Je m'intéresse, évidemment, au devenir de cet individu.

Un Ukrainien qui faisait partie de ceux que l'on appelait "les Noirs", pour cause de vêtements mais de comportement aussi, dans les camps d'extermination. Les Ukrainiens au service de la SS dans ces camps-là.

Depuis 1958 les Etats-Unis ont offert à Ivan-John Demjanjuk la nationalité américaine. Un premier procès à Cleveland le déchoit de cette nationalité en 1981. Un deuxième procès en Israël le condamne à mort en 1988... peine annulée en appel "faute de preuves". Faute de preuves malgré les 18 témoins le reconnaissant formellement ? Des témoins parmi les rares survivants des camps d'extermination... et cela ne suffit pas. (Parmi ces témoins, Chil Rajchman). Ce n'est donc pas assez de savoir que "Ivan le terrible" -son surnom- a officié notamment à Treblinka et Sobibor.
Je ne voulais pas en parler, mais j'apprends que son extradition vient d'être rejetée par les Etats-Unis, deux jours avant son départ pour jugement en Europe. Il va avoir 90 ans. Il a fait sa vie tranquillement. J'avais besoin d'écrire posément, de dire ces choses que sans doute vous savez aussi, sans les excès de mes ressentis.

Photo de l'USHMM. Les Juifs déportés "accompagnés" par des gardes Ukrainiens, de Siedlice à Treblinka en 42


Ici une video d'info sur France 24 (nov 2009)

Ici une autre, qui semble proposée par le Centre Simon Wiesenthal

J'ajoute (20.12.2009) aussi un lien vers un texte de Matthieu Balu qui mérite lecture
et un autre vers le toujours remarquable travail de Sergey qui évoque ici les certitudes que certaines archives apportent sur ce cas.

dimanche 29 mars 2009

Projet Aladin

Aladin.jpgPorté par la Fondation pour la Mémoire de la Shoah et sous le patronage de l'UNESCO vient de voir le jour ce projet "contre l'ignorance et les préjugés", lancé le 27 mars 2009.

Le projet Aladin a pour objectif de rendre disponibles en arabe, persan et turc des informations sur la Shoah, la culture juive et les relations judéo-musulmanes. Ce projet a vu le jour en se fondant sur la constatation que dans la plupart des pays arabo-musulmans il est difficile et parfois impossible d'atteindre de l'information fiable dans ces différentes langues, que ce soit sous la forme de sites ou de livres.
Dans "l'appel à la conscience" fondateur on lit : "Nous disons clairement que les Israéliens et les Palestiniens ont droit à leur Etat, leur souveraineté et leur sécurité".
De son discours prononcé lors du lancement du projet Aladin, cette phrase prononcée par Jacques Chirac : "Nous n'en avons pas fini avec la barbarie qui a conduit à la Shoah (...) car nul pays, nulle culture, ne sont immunisés contre la tentation du génocide".

http://www.projetaladin.org/

vendredi 6 mars 2009

Catastrophe aux Archives de Cologne

Un article du Courrier International qui relaie celui du Frankfurter Allgemeine Zeitung informe que (citation d'extraits de l'article) :
"Elles avaient survécu à l'invasion française de 1794 et à la Seconde Guerre mondiale. Finalement, c'est la construction d'une station de métro qui aura eu raison d'elles. Les archives historiques de la ville de Cologne, qui compilaient plus de mille ans d'histoire, ont été détruites en grande partie (...) Il est encore difficile de dire quelles archives pourront être sauvées des débris. Les fragiles parchemins ne pèsent pas bien lourd face à l'acier et au béton. D'autant que le mauvais temps pourrait s'en mêler : si la pluie venait à tomber, elle engloutirait les dernières chances de sauver des documents, poursuit Andreas Rossmann (journaliste du FAZ).
(...) Le fonds d'archives de Cologne était l'un des plus anciens d'Allemagne, et le plus important d'Europe du Nord."

dimanche 22 février 2009

Evolutions de mon travail de recherche sur les Sonderkommandos

Ne pouvant plus continuer à mener de front toutes les activités liées à cette recherche (toujours les mêmes raisons, temps et argent), le site va sembler sans mouvement apparent durant un certain temps. Je vais en effet interrompre provisoirement la mise en ligne systématique d'une nouvelle page chaque mois. Les seules modifications seront donc l'enrichissement de pages déjà existantes, parmi lesquelles bien entendu la bibliographie qui prend de l'ampleur de façon continue.
Cela ne signifie bien évidemment pas que je cesse de consacrer mon temps à cette recherche, mais que le site, partie émergée de l'iceberg en quelque sorte, ne peut plus être la priorité dans l'immédiat. Soyez bien convaincus par ailleurs, même si je ne vous en tiens pas particulièrement informés, que je continue à multiplier les démarches pour essayer de trouver des solutions qui me permettraient d'avancer, poursuivre et terminer le travail entrepris.

vendredi 2 janvier 2009

Mémorial à la mémoire des Tziganes

M_morial_Tziganes_Berlin.jpgUn Mémorial va être érigé à Berlin dont la construction a été lancée le 19 décembre. Ce sera une réalisation de Dani Karavan (lien ici vers son site). Cette construction sera constituée d'une vasque d'eau sombre au centre de laquelle se tiendra un triangle de granit duquel s'échappera un son de violon et sur lequel sera posée, chaque jour, une fleur sauvage. Illustration extraite du journal Le Monde

Le 16 décembre 42, Himmler donnait l'ordre de déporter ce peuple des pays européens occupés vers le "camp des Tziganes" (Zigeunerlager) d'Auschwitz-Birkenau. Il y eut notamment 14.000 déportés d'Allemagne et d'Autriche, 4.500 de Bohème et Moravie -Protectorat- et 1.300 de Pologne (chiffres d'après Waclaw Dlugoborski). Les registres conservés permettent d'évaluer à près de 23.000 le nombre de personnes qui furent enfermées dans cette section du camp de Birkenau.
L'estimation totale des victimes Tziganes (Sinti et Roma) reste approximative, les chiffres vont de 250 à 500.000 personnes. La date retenue comme journée internationale de commémoration (depuis 1995) est le 16 décembre.

Quelques ouvrages de référence :
Henriette ASSEO / Les Tsiganes, une destinée européenne .- Gallimard, 1991
Claire AUZIAS / Samudaripen .- L'Esprit frappeur, 2000
Rajko DJURIC & Antun MILETIC / Istorija holokausta Roma .- Politika, 2008.
Donald KENRICK / The Destiny of Europe's Gypsies .- Basic Books, 1972
Günther LEWY / La Persécution des Tsiganes par les nazis .- Belles lettres, 2003

Un lien vers la page "persécution des Tsiganes" de l'USHMM (en français)

Un autre lien fort intéressant dans Le Diplo pour en savoir davantage aussi sur les Roms hier et aujourd'hui "dans les pays de l'Est".

mardi 30 décembre 2008

C'est un homme

Jorge_Semprun.jpg Envie de parler de Jorge Semprun dont je viens de terminer Le Mort qu'il faut. J'éprouve quelque chose de tout à fait particulier pour cet homme-là. J'aime le lire, l'entendre, le voir. Un homme qui réconcilie avec les hommes.
J'apprécie l'écrivain bien entendu, et cette étonnante capacité à nous approcher de Buchenwald dans des textes qui sont pourtant des romans, qu'on ne penserait donc pas être les plus aptes à nous permettre d'approcher la réalité du camp.
L'entendre est réjouissant. Etre en compagnie de cet homme de culture, d'intelligence et de simplicité : trio précieux. S'y ajoutent une droiture morale, une volonté d'honnêteté intellectuelle qui consolent de trop souvent rencontrer leurs contraires au quotidien.
Le voir enfin est un bonheur parce que s'ajoute alors à tout cela une classe naturelle, sans affectation aucune et tellement pleine d'humanité perceptible. Plaisir en soi, multiplié par quelque chose qui est proche d'une idée de revanche : savoir qu'il est un survivant, un revenu d'une première mort, et avec quelle élégance, face à la barbarie.

samedi 27 décembre 2008

Me voilà baptisée : affirmationiste (de la vérité)

Dieudonné hier au Zenith...

vidéo de 7 mn

vendredi 26 décembre 2008

C'est quoi ce plan ?

Plan_d__Ausch_-_2_-_d_couv_nov_2008_-_sans_pastilles-_red.jpg Vous vous souvenez, bien sûr, début novembre tout le monde en a parlé. Le Bild annonçait une spectaculaire trouvaille : 28 documents, plans et cartes, concernant Auschwitz et Birkenau, trouvés dans un appartement Berlinois, rédigés entre 41 et 43, estampillés "Direction de la construction des Waffen-SS et de la police". Voici l'un des 3 fac-similés alors publiés par ce magazine qui faisait part du point de vue du Directeur des Archives Fédérales de Berlin, H.D. Kreikamp, jugeant cette découverte "d'importance extraordinaire".
Depuis : rien.

Un article du Haaretz achève de semer des interrogations. Mais pourquoi ces 28 documents ne sont-ils pas en ligne ? Pourquoi n'en entend-on plus parler ? Je n'avais d'ailleurs pas prévu au départ de faire un post sur le sujet, pensant qu'il en serait largement question dans les medias...
J'en profite pour évoquer une phrase qui me paraît maladroite, reprise en copié-collé par la plupart des titres de presse : "(...) le plan du célèbre long bâtiment d'entrée du camp d'Auschwitz-Birkenau où avaient lieu les exterminations dans des chambres à gaz"
Comment cette phrase risque-t-elle d'être comprise ? Les chambres à gaz n’étaient évidemment pas dans le bâtiment d'entrée. S'il faut un rappel, voir ce lien vers le site (lieux de l'extermination). Quant au portail d'entrée de Birkenau, voilà la vue actuelle sur l'ensemble du camp (panoramique ici) depuis la tour de surveillance qui le surmonte.

dimanche 14 décembre 2008

Le convoi des 927

R_fugi_s_Espagnols.jpg A partir du début de l'année 1939, plusieurs centaines de milliers de réfugiés fuient l'Espagne franquiste et arrivent en France. Rien n'est prévu pour faire face à cet afflux et beaucoup seront internés dans des camps improvisés, à commencer par celui d'Argelès. Souvent même, ce seront eux qui construiront ces camps. Abri, nourriture, hygiène : les conditions sont catastrophiques à tous points de vue.

Le 20 août 1940, le premier convoi de déportation quitte la France. A son bord, 927 personnes : hommes, femmes et enfants. Ce train amènera ces réfugiés Espagnols au camp de Mauthausen où le personnel SS fera descendre tous ceux qui ont 13 ans et plus, soit 470 personnes. Ils ne porteront pas le triangle rouge des politiques, mais le bleu des apatrides parce que l'Espagne franquiste fait savoir qu'elle considère que ces "rouges", ces Républicains, ne sont plus considérés par elle comme des ressortissants Espagnols. Le train repartira ensuite, gardant à son bord les femmes et les enfants les plus jeunes... qui seront remis au gouvernement franquiste. Personne n'en aura jamais aucune nouvelle.
En 45, on comptera 73 survivants de ce convoi, soit moins de 8 %.

Plaque_convoi_des_927_Angoul_me.jpg

Aujourd'hui, une plaque commémore ce convoi à Angoulème, ville d'où ont été déportés ces 927 Espagnols qui n'avaient pour toute culpabilité que d'avoir fui une dictature qui mettait leurs vies en danger.

Je remercie Progreso Marin pour la discussion que nous avons eue à ce sujet. Ecrivain né à Toulouse de parents exilés Espagnols, c'est un homme chaleureux qui s'est donné pour mission de recenser les témoignages afin de faire entendre les voix de tous ces anonymes qui nous disent l'Histoire à travers leurs terribles histoires personnelles.

Son dernier livre est intitulé Exilés espagnols : la mémoire à vif édité chez Loubatières, collection Récits.

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