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Médiagraphie / Livres

(Classement thématique puis par ordre alphabétique d’auteurs)

 

[Mise à jour régulière de cette page.]
Dernières lectures / derniers ajouts :

"J'ai survécu à Auschwitz" de Krystyna ŻYWULSKA (Zofia LANDAU)
"Auschwitz-Dachau. Novembre 1942 - mai 1945" de Sylvain GUTMACHER

"Mémoires du ghetto de Varsovie" de Marek EDELMAN
"Materials on the Memorial to the murdered Jews of Europe"

"Chaque mot est un cri" de Olly RITTERBAND

 

TEMOIGNAGES ET AUTOBIOGRAPHIES DES MEMBRES DES SK :

 

- Des Voix sous la cendre : manuscrits des Sonderkommandos d’Auschwitz-Birkenau . – Ed. Calman-Lévy et Mémorial de la Shoah, 2005, ISBN 2-7021-3557-9
Cet ouvrage donne la retranscription des manuscrits rédigés par Zalmen GRADOWSKI, Lejb LANGFUS et Zalmen LEWENTAL (tous trois membres des SK et qui n’ont pas survécu) retrouvés enfouis près des crématoires (sans les textes de M. Nadjari ni C. Herman). Retranscription également de trois dépositions d’anciens membres des SK à l’un des procès  d’Auschwitz (celui qui a eu lieu à Cracovie en 1946) : Szlama DRAGON, Henryk TAUBER et Alter FEINSILBER ainsi qu’un commentaire de l’historien Gideon GREIF sur le témoignage qu’il a recueilli auprès de Yakov GABBAY. On trouvera également divers travaux, réflexions et commentaires de spécialistes tels Georges BENSOUSSAN, Carlo SALETTI, Philippe MESNARD, Franciszek PIPER, Katy HAZAN, Nathan COHEN et Carmen OHLMES.

Daniel BENNAHMIAS et Rebecca CAMHI-FROMER / The Holocaust odyssey of Daniel Bennahmias, Sonderkommando .- Univ. of Alabama Press, 1993, ISBN 0-8173-0598-X
Un témoignage rédigé par Rebecca Fromer sur la base de nombreux entretiens durant trois ans avec Daniel Bennahmias, Juif Grec de nationalité Italienne arrivé à Auschwitz en avril 44. Avec une introduction (15 p.) de Steven Bowman sur les Juifs Grecs à Auschwitz.

Léon COHEN / From Greece to Birkenau : the crematoria workers'uprising .- Tel-Aviv : Salonika Jewry research center, rééd. 1996.
Le témoignage (rédigé en français mais seulement disponible dans sa traduction en anglais) de Léon Cohen qui fut "dentiste" au SK. Un écrit informatif bien entendu, mais dont le but est aussi de montrer la spécificité qu'il accorde aux Juifs Grecs du Sonderkommando, leur solidarité et leur ténacité dans la volonté de révolte, mais aussi la partition entre Ashkénazes et Sépharades.

Zalmen GRADOWSKI / Au coeur de l'enfer
Il s'agit de l'édition de l'ensemble de ses manuscrits enterrés, classés en trois parties : Une Nuit de pleine lune / La Séparation / Le Transport tchèque. Il en existe deux éditions (dans les deux cas, il s'agit de la traduction du yiddish effectuée par Batia Baum) :
* celle de Kimé en 2001, ISBN 2-84174-254-7 avec une introduction de Philippe Mesnard et Carlo Saletti
* celle de Taillandier, collection Texto en 2009, ISBN 978-2-84734-580-3 avec une préface de Pierre-Emmanuel Dauzat et une postface de Philippe Mesnard.

Henryk MANDELBAUM & Jan POŁUDNIAK / Sonder .- Ed. F. Piper, 1994 en Polonais, 2008 en anglais, ISBN 978-83-921567-2-7
La transcription d'entretiens entre un journaliste organisateur de recueil de témoignages d'anciens prisonniers d'Auschwitz et Henryk Mandelbaum arrivé à Birkenau en avril 44 et au SK fin mai au début juin.

Filip MÜLLER / Trois ans dans une chambre à gaz d’Auschwitz . – Pygmalion, ISBN 2-85704078-4, éd. 1979 en Allemagne, 1980 en France.
L’auteur, arrivé à Auschwitz en mai 42, nous livre l’intégralité de ses souvenirs avec une volonté d’honnêteté évidente et scrupuleuse. Un document plus que précieux parce qu’il est aussi bien davantage que la relation d’un parcours individuel bien que Filip Müller ne raconte que ce dont il a été lui-même témoin.
En outre il semble qu'il se soit imposé l'écriture de ce livre (durant plusieurs années, notamment parce qu'il l'a d'abord rédigé en Tchèque, puis l'a traduit en Allemand) sous une contrainte morale qu'il s'est imposée : dire ce que personne d'autre ne disait à sa place (et les rumeurs sur la réalité supposée des SK allaient alors bon train) ni ne pouvait dire à sa place faute de survivants (il a confié, comme une évidence, "c'était mon devoir"). Ce courage exemplaire lui a coûté un ébranlement moral qui, venant s'ajouter à celui de son vécu en tant que membre d'un SK, fut tel qu'il semble ne jamais s'en être remis.
Il me parait nécessaire en outre de préciser que certaines traductions, et la française en particulier, sont largement mises en question parce que donnant parfois des indications fausses d'être trop approximatives.

Miklos NYISZLI / Médecin à Auschwitz. – Julliard, 1946
Ouvrage indisponible. Son titre lors de sa sortie en Hongrois : "J’étais médecin anatomiste du Dr Mengele au crematorium d’Auschwitz". L'auteur a écrit immédiatement (sa mémoire est donc fraîche et les risques d'erreurs réduits au minimum) et il a été témoin de faits essentiels (et témoin unique au monde de beaucoup de situations). Cela devrait donc en faire un ouvrage fondamental. Hélas, dans ce témoignage, M. Nyiszli mélange ce dont il a été lui-même témoin avec ce dont il se souvient de récits de prisonniers du SK et avec ce qu'il suppose être vrai (en fonction de ce qu'il a vu en 44 notamment). Ces trois types de discours ne sont pas présentés comme tels par l'auteur qui ne les différencie pas. De ce fait, ne pouvant tout tenir pour vrai (il y a beaucoup d'erreurs manifestes, y compris certaines informations erronées toujours prises pour vérités aujourd'hui par les non spécialistes) nous en sommes réduits à ne pouvoir utiliser cet ouvrage qu'avec beaucoup de suspicion, voire pas du tout, ce qui est profondément attristant.

David OLERE / L'Oeil du témoin : un peintre au Sonderkommando à Auschwitz . - Beate Klarsfeld Foundation, 1997 (1ère éd. 1989)
Catalogue d'oeuvres de cet artiste qui fut affecté au K III, peintures et dessins qui sont une référence documentaire aussi douloureuse que précise et précieuse (voir page spécifique qui lui est consacrée).

Shlomo VENEZIA / Sonderkommando : dans l'enfer des chambres à gaz .– Albin Michel, janv 2007, 265 p.
Préface de Simone Veil et en annexe : La Shoah, Auschwitz et le SK par Marcello Pezzetti, Directeur du Musée de la Shoah à Rome (30 p). L’Italie en Grèce : petite histoire d’un grand échec par Umberto Gentiloni, Prof. d’histoire contemporaine à l’Université de Teramo (8 p). Sur David Olère (2 p). Bibliographie (3 p).
Un livre construit sur des entretiens menés avec Shlomo Venezia par Béatrice Prasquier. La relation de ses souvenirs inclut sa situation antérieure au SK (celle des Juifs Italiens en Grèce) et postérieure (après 45). Une page spécifique lui a été consacrée sur ce site, lorsqu'il est venu donner une conférence au Mémorial de la Shoah à Paris le 29 janvier 2007 [cliquer ici]

 

 

TEMOIGNAGES ET AUTOBIOGRAPHIES DE SURVIVANTS D’AUSCHWITZ

 

- Témoignages sur Auschwitz . - Edition de l'Amicale des déportés d'Auschwitz, 1946.
Un livre qui reconstitue le quotidien d'Auschwitz et Birkenau par le regroupement thématique de témoignages écrits par des survivants immédiatement après leur retour en vue d'informer le plus grand nombre. Contient le texte de Paul Bendel, qui fut médecin auprès du SK (prisonnier n°167.460) durant quelques mois (les membres du SK n'étaient pas autorisés à aller à l'hôpital du camp où ils auraient été en contact avec les autres prisonniers). Ouvrage enrichi de dessins de François Reisz.

- Témoignages strasbourgeois : de l'Université aux camps de concentration .- Presses Universitaires de Strasbourg, 1947, réédition 1996, 2-86820-714-6
Un ouvrage collectif de professeurs et étudiants de l'Université de Strasbourg. Ces témoignages individuels ont été rédigés dès le retour des prisonniers. Ils sont présentés de façon chronologique et reconstituent ainsi l'Histoire, depuis les rafles et arrestations jusqu'aux marches de la mort. Dix camps différents sont évoqués dans ce recueil : outre Auschwitz (trois textes, pour Auschwitz 1, Birkenau et Monowitz), Buchenwald, Dachau, Dora, Struthof, Mauthausen, Flossenburg, Neuengamme, Stutthof et Ravensbrück.

- 1942, convoi n°8 .- Editions du retour, 2009, 978-2-9526769-3-9
Le convoi n°8 (juillet 42), parti d'Angers directement pour Auschwitz-Birkenau, était composé de 827 Juifs dont 390 femmes. 801 personnes sont entrées dans le camp, en 1945 seulement 20 avaient survécu dont une femme (informations S. Klarsfeld). Cet ouvrage est préfacé par Henri Borlant (tatoué 51.055 car il fait partie de ces survivants et en témoigne jusqu'à ce jour).
Ce livre est un recueil de témoignages réunis par David Moscovici, notamment celui d'une conférence de son grand oncle, Lazar Moscovici (n°51.251), donnée en 1945 et l'intégralité du texte d'André Lettich (n°51.224) rédigé lui aussi en 1945 sous le titre "34 mois dans les camps de concentration". Il fut médecin au SK durant quelques temps, après l'hiver 42 et jusqu'en mars 43, il évoque ainsi notamment le Bunker 1 et les K II ou III.

- Jean AMERY / Par-delà le crime et le châtiment . – Actes Sud, 1995 pour la traduction Française, ISBN 2-7427-0362-4.
Un ouvrage sous-titré "Essai pour surmonter l’insurmontable" et il n’est pas certain que ce terme d’ "essai" soit à entendre de façon univoque lorsqu’on sait que l’auteur qui écrit "l’outrage de l’anéantissement est indélébile" s’est suicidé en 1978. Il s’agit du livre d’un homme dont la langue d’origine est l’Allemand. Un ouvrage au style limpide et clair qui nous rend le contenu d’autant plus proche. L’auteur s’arrête en particulier sur la place spécifique de « l’intellectuel humaniste » dans les camps (par rapport au croyant ou au politique), sur le rapport à la réalité et à la mort, sur le « besoin de la terre natale » et –peut-être surtout- sur la torture, sujet sur lequel il livre des pages d’une densité rare laissant l’impression que l’on peut parfois s’approcher de l’incommunicable de ce vécu.

- Robert ANTELME / L’Espèce humaine . – Gallimard, coll. Tel, 1957.
Détenu au camp de Buchenwald puis de Gandersheim, l’auteur en raconte le quotidien et à travers lui propose une réflexion de fond sur l’humain, tout en nous menant aussi près que possible de la compréhension de situations et ressentis extrêmes.

- Abraham André BALBIN / De Lodz à Auschwitz .- Presses Universitaires de Nancy, 1989, ISBN 2-86480-382-8
Né en 1909 près de Łódź, l'auteur grandit en Pologne puis décide de venir vivre en France (Lorraine) lorsqu'il a 18 ans. Les deux raisons qu'il invoque pour ce choix sont l'antisémitisme qui devient encore plus important en Pologne dans les années 20 et son image de la France (outre le fait qu'une partie de sa famille y est déjà installée). Arrêté en 42, il sera déporté en juin. Son ouvrage autobiographique évoque l'ensemble de sa vie jusqu'à son retour à Nancy au printemps 45. Il est très factuel et évoque notamment tous les commandos de travail (et les conditions qui y régnaient) dans lesquels il a été affecté durant ses trois ans à Auschwitz, Birkenau, Eintrachthutte et à la Buna de Monowitz.

- Joseph BIALOT / C’est en hiver que les jours rallongent .- Seuil, coll. Points n°1335, 2002, ISBN 2-02-081774-8
Né à Varsovie en 1923, l'auteur arrive à Paris à l'âge de sept ans. En août 44 il est déporté à Auschwitz. En 2001, l'auteur de polars décide d'écrire ce livre de témoignage. On y retrouve son phrasé incisif, son sens de la formule, au service d'une narration de son vécu du quotidien du camp. Il détaille particulièrement dans ce livre les journées du 17 et du 27 janvier 45 (il n'a pas participé à l'évacuation). Un ouvrage bourré d'humanité même si l'auteur s'en défend et continue à se demander pourquoi les Polonais dans leur grande majorité ont considéré que "les ennemis de nos ennemis sont nos ennemis". (A voir ici une intéressante interview de l'auteur)

- Suzanne BIRNBAUM / Une Française Juive est revenue .- Ed. Livre français, 1946. Réédité en 2003 par l'Amicale des déportés d'Auschwitz et des camps de Haute Silésie sous l'ISBN 2-7407-0022-9
Un texte écrit immédiatement au retour de Birkenau (le manuscrit était terminé avant la fin de l'année 45) par une femme arrêtée en janvier 44 qui témoigne avec précision de tout ce qu'elle a vu et dû traverser. De Drancy elle arrive à Birkenau, tatouée n°74.837, elle raconte la quarantaine, le Kommando des marais, celui des pierres, le Revier ; l'indispensable solidarité entre certaines prisonnières et l'épouvantable attitude de certaines Kapos et autres Stubowa...

- Tadeusz BOROWSKI / Le Monde de pierre . - C.Bourgois, 2002 (1è éd. française : Calman-Lévy, 1964), ISBN 2-267-01043-7
Né en 1922 en Ukraine, l'auteur grandit en Pologne où il se destine à la poésie. En 1943 il est arrêté par la Gestapo et déporté à Auschwitz en tant qu'Aryen. Durant l'été 44, il est transféré à Dachau. Il se suicidera en 1951.
Cet ouvrage est en effet celui d'un littéraire, mais aussi d'un prisonnier non Juif, violemment ironique et d'une douloureuse amertume dans son regard sur l'humain. Certains l'ont rapproché des textes de Primo Lévi, mais à mon sens, c'est confondre ce qu'il y a de précieux dans la relation quasi-scientifique de celui-ci, avec des mots qui relèvent davantage d'une cruauté du désespoir dans le témoignage de Borowski.

- Maurice CLING / Un Enfant à Auschwitz .- Ed. de l'Atelier, 2008 (1ère éd. 1999), 978-2-7082-4028-5.
Ecrit d'après les notes prises immédiatement après son retour, le livre de M. Cling, né en 1929 à Paris est celui d'un garçon "bien élevé", c'est à dire un enfant attachant et naïf, insouciant et joyeux. D'autant plus terrible en est sa découverte d'Auschwitz que l'on accompagne avec épouvante. L'auteur, connu pour ses activités à la FNDIRP et par son témoignage dans un certain nombre de documentaires, propose ici une narration incroyablement distanciée du parcours du prisonnier A-5151 dont la valeur informative est évidente, d'autant qu'il a eu à connaître un grand nombre de Kommandos peu ou pas évoqués par ailleurs. D'utiles notes en bas de pages complètent, par des informations diverses apprises après-guerre, le récit du vécu.

- Charlotte DELBO / Aucun de nous ne reviendra. - Editions de Minuit, 1970, ISBN 2-7073-0290-2.
Le premier des trois volets du témoignage de l'auteur qui fut déportée en 43 de Compiègne pour Auschwitz. Une narration comme une incantation pour évoquer le quotidien d'une femme dans le nulle part de ce lieu d'épuisement et de torture. Un style extraordinaire et inédit au service d'un propos : donner un accès supplémentaire à l'approche de la compréhension de la réalité du camp des femmes qui n'est pas permis par le seul sens des mots. Un texte intense qui fait approcher la notion du temps arrêté dans la souffrance.

- Odette ELINA / Sans fleurs ni couronnes. Auschwitz 1944-1945 .- Ed. Mille et une nuits, rééd. 2005, 2-84205-894-1.
Les notes et dessins de l'auteur rédigés à son retour ont d'abord été publiés en 1947. Juive et communiste, elle entre dans la Résistance dès 40 (FFI région toulousaine). Elle est arrêtée sur dénonciation le 20 avril 44 (après ses parents et son frère, morts à Auschwitz). Torturée par la Gestapo à la Chancellerie du Reich, elle est transférée à Drancy puis Birkenau (convoi 72). Peintre, elle relate la vie du camp dans ces textes par une succession de touches qui crééent un tableau d'ensemble par adjonction des unes aux autres. Un regard sur l'humain à la fois dur et tendre. Postface Sylvie Jedynak et Vincent Lacoste.

- Moshe & Elie GARBARZ / Un Survivant . – Ed. Plon, 1984, ISBN 2-259-01089-X
Le témoignage du père, Moshe, qui a tenu à ce qu’il soit écrit par un de ses fils, ce fut Elie. Moshe Garbarz est né et a grandi en Pologne, et son livre commence par ce récit du quotidien d'un enfant Juif dans une banlieue de Varsovie durant les années 20 et 30. Il raconte ensuite comment il est venu à Paris, puis a été déporté à Auschwitz, Birkenau puis Jawischowitz (avec un vécu détaillé sur ce camp annexe de Birkenau) et l’épouvantable et interminable marche de la mort qui l’a mené à Buchenwald. Dans sa préface, Elie précise comment Moshe réclamait la "transparence" c’est-à-dire un texte qui ne cherche pas de littérarité mais de la vérité à chaque mot. C’est en effet ce témoignage-là qui est donné à lire, dont on voudrait remercier le courage et du père puis du fils.
Du point de vue du sujet de ce site, l’auteur présente un cas rarissime : ayant travaillé (en tant qu’électricien) auprès d’un SK, il est parvenu à tromper la vigilance des SS pour le quitter.

- Madeleine GOLDSTEIN / On se retrouvera .- Ed l'Archipel, 2006, 2-7441-9852-6.
Madeleine est née à Paris dans les années 20 de parents qui avaient émigré de Pologne. Jacques, lui était né à Varsovie mais arrivé à Paris à six mois. Ils se rencontrèrent alors qu'ils avaient une dizaine d'années et décidèrent de ne plus se séparer. Ils se marièrent en 39 et bientôt leur naquit une petite fille. Mais, engagés dans la Résistance, ils furent arrêtés et déportés ensemble à Auschwitz au printemps 44 (convoi 72). Séparés dès leur arrivée au camp, ils ignoraient leur survie réciproque. Ils se retrouveront au Lutetia en 45. Le retour à la vie ne sera pas facile pour autant. C'est l'ensemble de ce parcours que nous raconte ici Madeleine, avec amour et humour, malgré tout.

- Sylvain GUTMACHER / Auschwitz-Dachau. Novembre 1942 - mai 1945 .- Ed. Riveneuve et FMS, 2010, 978-2-36013-016-0
L'auteur, né le 05 mars 1922 à Lodz, arrivé en Belgique à trois ans, est arrêté à Anvers le 31 octobre 42 et déporté le jour même de Malines (convoi XVII) pour Auschwitz. Transféré ensuite à Varsovie le 31 août 43 (où il restera 11 mois) il arrive à Dachau en août 44 d'où il sera libéré le 30 avril 45. Il écrit ce témoignage immédiatement.
Le fait qu'il évoque les ruines du ghetto de Varsovie -où seuls quelques milliers de prisonniers ont été envoyés d'Auschwitz pour déblayer les ruines et où beaucoup sont morts du typhus- fait partie des éléments rendant ce témoignage intéressant du point de vue de l'Histoire.
Pour la relation de ce parcours, il s'attribue le nom de Max Gorder (distanciation ? littérarité ? vraisemblablement les deux) et c'est donc à la 3ème personne qu'il raconte son parcours et la souffrance morale, éthique, qui s'ajoute à la souffrance physique, car la première leçon d'Auschwitz, insupportable, est que la culture ne protège pas de la barbarie. Sylvain Gutmacher se suicidera au printemps 48.
Cet ouvrage inclut des poèmes et deux contes de l'auteur.

- Nadine HEFTLER / Si tu t'en sors... Auschwitz 1944-1945 .- Ed. La Découverte, coll. Témoins, 1992, 2-7071-2163-0
L'auteur, née en juillet 1928, a été déportée avec ses parents par le convoi 75 parti de Drancy le 30 mai 44, à la veille de ses 16 ans donc. Outre le fait que ce texte a été écrit en 1946, l'intérêt spécifique de ce témoignage réside dans les indications qu'il peut nous donner sur la façon dont une jeune fille de milieu bourgeois (et non une adulte) peut regarder, saisir et essayer de s'adapter à un univers tel que celui de Birkenau. Ce livre contient également des informations spécifiques sur le Block des enfants tel qu'il était à la toute fin de 44.

- Emile JUILLARD / Atrocités allemandes dans les camps de concentration. Dachau, Mathausen, Auschwitz, Natzweiller .- Ed. Desvigne, Lyon, 1947
L'auteur de ce livre était Directeur de l'Ecole Nationale de Police. Lui-même a été déporté à Dachau. Or, dès la libération de ce camp, se sont constitués des "comités" pour chaque pays. Il entre dans le comité français et à ce titre recueille sur place des témoignages de prisonniers sur les divers camps cités dans le titre (orthographe conforme au livre). Sa volonté est celle de "la précision et la rigueur d'un réquisitoire". Cet ouvrage est donc écrit "sur place" et regroupe les paroles de 32 témoins survivants. Ils évoquent majoritairement les sévices, mais aussi, en ce qui concerne Dachau, donnent des détails sur le crématoire. En ce qui concerne Auschwitz, les deux témoins les évoquent également (K II et III) pour avoir dû participer à leur construction.

- Imre KERTESZ / Etre sans destin . – 10/18 Domaine étranger, 1975 en Hongrois, 1998 chez Actes Sud, ISBN 2-264-03381-9
L’auteur, né en 1929, est déporté en 1944 à Auschwitz. Dans cette autobiographie, il retrouve le vécu spécifique de l’horreur concentrationnaire que peut avoir un adolescent. Tardivement connu et reconnu, il a reçu le prix Nobel de littérature en 2002 et ses ouvrages sont donc désormais lus partout dans le monde. "Kaddish pour l’enfant qui ne naîtra pas" (édité en 1990 chez Actes Sud, comme l’ensemble de l’œuvre de cet auteur) est désormais mis en scène pour le théâtre et très favorablement accueilli.

- Wieslaw KIELAR / Anus mundi : cinq ans à Auschwitz . - Robert Laffont, 1980 (1ère parution en all. en 1979), ISBN 2-221-00568-6, préfacé par David Rousset.
De la mise en place d'Auschwitz à l'évacuation et au-delà, le témoignage d'un prisonnier arrivé dans le premier groupe de politiques Polonais le 14 juin 40 (n° 290 !) Un document qui donne donc de très nombreuses informations sur l'histoire du camp, les différences selon les époques, au travers de l'histoire individuelle de son auteur, un témoin non Juif qui rapporte parfois ce que personne d'autre n'a pu revenir pour raconter (au Revier du camp souche et à Birkenau notamment).  

- Ruth KLÜGER / Refus de témoigner . – Ed. Viviane Hamy, 1992 en allemand, 1997 en français.
Un ouvrage (titre original : "Weiter leben" : continuer à vivre) qui porte une parole de femme partie vivre aux Etats-Unis après la guerre. Elle y parle de l’hier des camps depuis un ici et maintenant (comment "ne pas rester captif de ce présent impossible"), des différents types de regards que portent les personnes extérieures et de toutes les questions qui se posent aux survivants, dans une expression directe et sans concession.

- Guy KOHEN / Retour d'Auschwitz. Souvenirs du déporté 174.949 .- Ed. 1946
Ce livre, écrit immédiatement en 45, est parmi les tout premiers témoignages à paraître. Il a pour son auteur deux objectifs : rendre hommage à son père Henry Kohen qui n'a eu de cesse d'essayer de protéger les Juifs de France (avec le peu de moyens que peut avoir un individu, qui plus est dans la France de Vichy, mais avec une énergie et un courage considérables) et faire connaître l'existence et les modalités de fonctionnement de Drancy, d'Auschwitz (Monowitz) puis de l'évacuation tels qu'il a eu à traverser ces épreuves. Il ne peut rien apporter de décisif aujourd'hui sur le plan informatif parce qu'à l'époque son propos était de donner les grandes lignes permettant de faire connaître l'existence de ces lieux et de ces faits.
On notera, dans le texte annexé du journaliste Soviétique Charrow (paru le 13 février 45) l'évocation d'un groupe de 80 Russes sélectionnés pour le SK qui refusèrent ce travail. Ils furent évidemment immédiatement assassinés.

- Ota KRAUS et Erich KULKA / Die Todesfabrik Auschwitz .- Berlin : Dietz, 1957, traduit du Tchèque, 3-320-01636-9
L'ouvrage de survivants du camp devenus historiens et souhaitant en faire connaître tous les aspects. Contient une interview de Filip Müller, son tout premier témoignage dans l'immédiat après-guerre, qui est un entretien avec son ami Slovaque mené dans la structure hospitalière où Filip Müller a dû rester plusieurs années après guerre.

- Olga LENGYEL / Souvenirs de l'au-delà. – Ed. du Bateau ivre, 1946, trad. du Hongrois.
Déportée en mai 44 avec ses parents, son mari et ses deux fils, tatouée sous le n° 25.403, l'auteur était médecin et femme de chirurgien. Elle fut seule de sa famille à revenir de Birkenau.
Son livre, écrit immédiatement à son retour, est de ce fait un témoignage très riche, sur le camp des femmes en particulier et sur tous les aspects concernant la santé. Hélas l'auteur mèle le très précieux de ce qu'elle sait pour l'avoir vu personnellement, au flou voire à l'erroné de ce qu'on lui a dit tel qu'elle s'en souvient. De ce fait le propos est affaibli et certaines informations ne peuvent être considérées comme certitudes.

- Primo LEVI / Si c’est un homme . – Juillard, coll. Pocket n°3117, 1987 pour la traduction française, 1947 pour la première édition en Italie ("Se questo e un uomo"), ouvrage passé presque inaperçu, avant d’être réédité en 1958 et traduit depuis en de nombreuses langues, ISBN 2-266-02250-4
Un ouvrage de référence désormais dans le monde entier. Primo Levi, au travers de cette autobiographie, nous livre une réflexion de fond sur Auschwitz et sur l’être humain avec la distance et l’esprit d’analyse du scientifique qu’il était. Primo Levi a beaucoup témoigné, en particulier dans les lycées où il venait répondre aux questions de ses lecteurs. Dans cette édition, il propose en annexe les réponses aux questions qui lui étaient les plus fréquemment posées.

- Primo LEVI / Les Naufragés et les rescapés : 40 ans après Auschwitz . - Gallimard, coll. Arcades, 1989, 2-07-071511-6
Cet ouvrage (édité en 1986 en Italie) contrairement au précédent cité ici, ne tient plus de la narration autobiographique sur laquelle et à partir de laquelle Primo Levi portait sa réflexion, mais propose l'inverse : une réflexion de fond basée sur son propre vécu et sur les divers témoignages accessibles depuis, afin d'approcher des réponses aux multiples questions que pose la Shoah (en particulier : structures du camp, relation bourreau/victimes, ressentis et attitude des prisonniers, ...)

- Pelagia LEWINSKA / Vingt mois à Auschwitz . – Nagel, coll. Documents contemporains, 1945.
Arrivée fin janvier 43 et portant le n° 32.292, l'auteur est arrivée à Auschwitz d'une prison Polonaise. Elle détaille dans ce livre tous les aspects de la vie du camp tels qu'elle les a vus et tels qu'elle les a compris. Curieusement elle ne nomme personne (à l'exception de quelques camarades de misère dont elle ne donne que le prénom) et insiste beaucoup sur les convictions politiques qui l'ont aidée à constituer un petit groupe d'entraide physique et morale ayant permis -avec le hasard, toujours omniprésent bien sûr- sa survie.

- Charles LIBLAU / Les Kapos d'Auschwitz .- Syllepses, coll. Mauvais temps, 2005, préface d'E. Traverso, 2-84950-034-8
Première parution de ce livre : 1974. L'auteur, Juif communiste militant dans la Pologne d'avant-guerre puis actif dans les Brigades d'Espagne, s'engage en France en 39 et démobilisé en 40, devient Résistant. Il est arrêté en 42 et envoyé de Drancy à Auschwitz où il portera le n° 54.297 (12è convoi, arrivé le 31 juillet. Sur 784 déportés hommes et femmes sélectionnés pour entrer dans le camp, 5 hommes seront survivants en 45). Il construit son livre autour de six personnalités de Kapos qu'il a eu à connaître de près pour avoir fait partie de leurs Kommandos. Outre l'intéressante étude humaine (pouvoir et abus de pouvoir en fonction des personnalités) ce texte est aussi un témoignage sur de nombreux aspects de la vie du camp dès 1942, que ce soit Auschwitz 1 ou, en moindre mesure, Birkenau.

- Louis J. MICHEELS / Docteur 117.641 : une mémoire de l'Holocauste .- Ed. Belles Lettres, Coll. Confluents psychanalytiques, 1990, 2-251-33445-9
Quarante ans après, l'auteur de ce livre, devenu analyste, parvient à faire part de ses souvenirs. Jeune médecin Hollandais et Juif, il est déporté pour Auschwitz en avril 43 (au départ de Malines, qu'il décrit) avec la jeune femme dont il est amoureux. Il connaîtra un statut très privilégié (eu égard aux conditions vécues par les prisonniers de Birkenau) dû à son statut de médecin, à l'hôpital d'Auschwitz 1 puis au laboratoire de Rajsko (avec le Dr SS Münch). Son témoignage insiste en particulier sur l'importance et le rôle dans l'augmentation des chances de survie, durant le temps passé au camp, de l'existence mémorielle d'une vie normale avant le camp et permettant de se projeter dans l'après-camp grâce à une présence chaleureuse.

- Jean OPPENHEIMER / Journal de route : 14 mars - 09 mai 1945 . – FMS et Le Manuscrit, 2006, 2-7481-7458-5
L'auteur commence à tenir ce journal peu après la libération d'Auschwitz (où il était resté à l'hôpital) et le poursuit jusqu'à son arrivée par bateau au port de Marseille. Dans un premier temps il raconte son quotidien, puis très vite évoque ce qu'il a vécu à Birkenau et Monowitz. Cet ouvrage intéresse le sujet des SK parce que l'auteur rend compte d'un entretien (p.70 à 77) avec Noah Oksenberg qui dit avoir fait partie de ce commando durant près de deux mois (juillet / août 43).

- Yvonne REDGIS-KLUG / Survivre. Souvenirs d'une rescapée d'Auschwitz (1945) .- Larousse, 2010, 978-2-03-585042-3
L'auteur, née en 1898, protestante, et déportée par le convoi du 30 juin 44 a écrit ce témoignage dès sa libération, alors même qu'elle se trouvait encore en Pologne. Elle mourra en 1972 sans avoir vu son manuscrit publié. Il dessine en creux le portrait d'une femme remarquable. Issue de la petite bourgeoisie de France, dirigeant un cours de danse célèbre avant guerre, rien ne semblait la prédisposer à affronter l'adversité avec un tel courage. Arrêtée pour faits de résistance (distribution de tracts notamment) elle est déportée à Drancy avec son mari -qui n'est pas Juif- en novembre 43 et transférée à la Deutsche Dienstelle, elle fait donc partie des rares personnes pouvant en témoigner (tri de tous les biens volés aux Juifs). Elle racontera ensuite son enfermement à Birkenau (tatouée A-8616) avec une liberté de ton et une rigueur aussi intéressantes l'une que l'autre. Jean-Marc Dreyfus (Université de Manchester) signe un long commentaire à la suite du manuscrit qui l'enrichit de diverses informations, il y retrace également l'ensemble de la vie de l'auteur et en particulier son parcours à Hollywood après guerre.

- Olly RITTERBAND / Chaque mot est un cri .- Ed. Esprit ouvert, 2008, 978-2-88329-101-0
Jeune fille hongroise, elle est raflée avec sa famille et tous les Juifs de sa ville. Arrivée à Birkenau dans la nuit du 29 mai 44, elle est tatouée A-11.684. Ce texte est son journal, qui commence avec l'arrestation de la famille. Elle décrit surtout le quotidien vécu à Birkenau avec sa mère et sa soeur. Ce manuscrit a été rédigé immédiatement après sa libération à Belsen. Elle sera ensuite accueillie en Suède puis choisira de vivre au Danemark.

- André ROGERIE / Vivre c'est vaincre . – Herault Editions, 1988 (1ère éd. 1945), 2-903851-50-6
Elève à St Cyr, arrêté par la Gestapo à 21 ans alors qu'il tentait de rejoindre les troupes d'Afrique du Nord, non Juif, l'auteur va être déporté de Compiègne en été 43 et être transféré de camp en camp avant d'arriver à Birkenau. Là, il sera tout près des K II et III. Outre le fait que ce témoignage a été rédigé immédiatement, sa précision et sa rigueur toutes militaires en font un texte utile et évidemment fiable.

- David ROUSSET / L’Univers concentrationnaire . – Hachette, coll. Pluriel, 1946.
Arrêté pour faits de résistance, l’auteur sera déporté à Porta, Westphalica, Neuengamme, Helmstedt et Buchenwald. Cet ouvrage, écrit dès son retour des camps, sera et reste essentiel pour découvrir le mode de fonctionnement des camps et approcher le vécu des prisonniers, comment "l’homme se défaisait lentement chez le concentrationnaire". Du témoignage individuel comme information générale.

- Zenon ROZANSKI / Mützen ab .- Hanovre : Das andere Deutschland, 1948
Ce témoignage est écrit dès son retour par un survivant (n° 8.214). Il donne à connaître la Strafkompanie (compagnie disciplinaire à la mortalité considérable) dans laquelle il est envoyé quelques mois après son arrivée à Auschwitz pour avoir "organisé" deux assiettes d'épluchures à la cuisine du camp. Il y passera plus d'un an ce qui est "unmöglich" (impossible, incroyable) et fait de lui "eine Rarität im Lager" comme le lui dira le SS Aumeier. Il témoigne ainsi du quotidien mal connu de la Strafkompanie, mais aussi de l'attitude du SS Moll qui était alors en charge de ce Kommando de punition, du Block 11 et en particulier de la première expérimentation de gazage (chapitres 7 et 8).

- Fred SEDEL / Habiter les ténèbres : Auschwitz, Kaufering, Birkenau, Landsberg, Sachsenhausen, Oranienburg, Jawozno .- Métailié, 1990, ISBN 2-86424-085-8 (1ère édition La Palatine, 1963).
L'auteur, médecin français, né à Lvov en 1909, est arrêté en banlieue parisienne en juillet 43. Déporté à Auschwitz, il sera d'abord envoyé au sous-camp de Jaworzno qu'il participe à construire d'août 43 à janvier 44. Il restera ensuite longuement à Birkenau où il retrouvera un ami, le Dr Pach (médecin des SK), relation qui lui permettra, au printemps 44, de fréquenter le Block 13 des prisonniers du "Sonder" qu'il évoque durant quelques pages qui paraissent hélas représenter une part infime de ce dont il aurait pu témoigner à leur propos.
L'une des autres particularités de ce livre, sans doute en partie parce que son auteur est médecin -donc spécialiste du corps en quelque sorte- est de faire approcher autant que faire se peut l'intensité de l'épreuve physique par des descriptions très fortes, étonnamment détaillées. Pour clore ce livre, qui est une sorte de compte-rendu de tout ce que Fred Sedel a vu et enduré, l'auteur propose, dans un épilogue très intéressant ajouté en 1988, une réflexion sur lui-même en tant que survivant et sur la façon dont il vit depuis, "quarante ans après [sa] mort", avec la mémoire du camp pouvant revenir "aussi présent qu'au premier jour".

- Jorge SEMPRUN & Elie WIESEL / Se taire est impossible.– Ed. Mille et une nuits n° 85, 1995, 2-84205-026-6.
Le 1er mars 1995, les deux hommes échangent sur leur expérience concentrationnaire. C'est cette conversation que propose ce petit livre très dense. Ils vont évoquer la diversité de l'expérience concentrationnaire, la situation du politique (venue solitaire et solidaire) par rapport à celle du Juif (venue familiale), l'attitude au retour (le silence voulu par le survivant ou le silence auquel il est contraint), et enfin l'importance du témoignage malgré la douleur qu'il implique.

- Lyn SMITH / La Voix des survivants : Témoignages d'hommes, de femmes et d'enfants qui ont vécu l'Holocauste .- Presses de la Cité, 2007, ISBN 978-2-258-07164-3
Des textes retranscrits de témoignages recueillis par un reporter rattaché à l'Imperial War Museum (GB). Ils sont présentés en successions de thèmes organisés de façon chronologique. L'une des particularités de l'ouvrage est qu'il inclut des témoignages d'enfants qui furent évacués vers l'Angleterre et de soldats qui participèrent à la libération des camps.

- Rudolf VRBA, Alan BESTIC / Je me suis évadé d’Auschwitz . – Ramsay, 2-84114-569-7
Rudolf Vrba propose ici une autobiographie à laquelle on reprocha parfois d’être romancée sur certains aspects. Il n’en reste pas moins qu’il s’agit d’un témoignage précieux, évoquant de façon détaillée la vie du camp à Birkenau où il a été affecté à différentes fonctions (par ex. service de rampe ou Kanada) et où il a eu à connaître de façon proche le destin des Theresienstädter. Il est parvenu à s’évader en compagnie d’Alfred Westler le 07 avril 44 (avec, entre autres, des informations transmises par Filip Müller à son ami A. Westler). Ils ont rédigé un texte informatif, espérant notamment éviter les déportations massives de Hongrois qui allaient avoir lieu…

- Jo WAJSBLAT,  Gilles LAMBERT / Le Témoin imprévu . – J’ai lu n°6468, 2001, ISBN 2-290-32328-4.
Jo Wajsblat est un jeune Juif Polonais de 15 ans lorsqu’il passe la porte de la chambre à gaz du K IV à Birkenau en octobre 44. Mengele va ordonner de rouvrir… Cinquante ans après, il raconte son histoire.

- Georges WELLERS / L'Etoile jaune à l'heure de Vichy. De Drancy à Auschwitz.- Fayard, 1973
Ce livre traite de la situation des Juifs à partir de 33 en Europe de l'Ouest comme toile de fond puis détaille particulièrement la situation des Français Juifs et s'arrête surtout sur l'étude aussi exhaustive que possible du camp de transit de Drancy et ses évolutions à partir d'août 41. Sur un livre de 340 pages hors annexes, moins de 40 pages sont consacrées à Auschwitz. L'objectif principal de cet ouvrage est donc de rédiger l'histoire de Drancy. C'est le livre d'un homme qui parle à la fois en tant que chercheur (en biologie, mais il a d'évidence mené des recherches d'historien sur les sujets traités) et en tant que témoin. Arrêté en décembre 41, il aura à connaître Compiègne puis Drancy d'où il sera déporté en été 44 (arrivé à Birkenau le 4 juillet 44). La double situation de chercheur et de survivant n'est pas rare mais rend ici l'ouvrage curieux. Il tient par exemple à nous faire connaître en détails les comportements (effectivement remarquables de droiture et d'intelligence) de certains de ses amis prisonniers puis de lui-même. On est parfois amené à se demander si certains passages ne sont pas dictés par la culpabilité à être survivant, s'il n'est pas question également pour l'auteur de se justifier d'avoir pu rester si longtemps à Drancy sans être déporté (en tant que "conjoint d'aryenne") et d'y avoir exercé des fonctions, de même que d'avoir survécu à Birkenau grâce à son statut de "Prominent" en tant que personnel médical (sa relation de cette étape est pour moitié au moins celle des secours qu'il put apporter à deux jeunes garçons). Enfin l'auteur nous propose de façon inhabituelle ses points de vue sur divers sujets (concernant l'intégration des Juifs, le sionisme, l'Etat d'Israël,...). Pour autant tout cela n'enlève rien, bien évidemment, à son étude extensive de Drancy.

- Elie WIESEL / La Nuit . – Ed. de Minuit, préfacé par F.Mauriac, 1958, ISBN 2-7073-0407-0.
Plutôt que (mal) présenter une fois encore ce livre…
"Jamais je n’oublierai cette nuit, la première nuit de camp qui a fait de ma vie une nuit longue et sept fois verrouillée.
Jamais je n’oublierai cette fumée. […]
Jamais je n’oublierai ce silence nocturne qui m’a privé pour l’éternité du désir de vivre. […]
Jamais je n’oublierai cela, même si j’étais condamné à vivre aussi longtemps que Dieu lui-même.
Jamais."

- Krystyna ŻYWULSKA / J'ai survécu à Auschwitz .- 1ère éd. en polonais 1946, éd. Polonia en français 1956.
Le témoignage d'une prisonnière politique Polonaise sur Auschwitz puis Birkenau. Elle arrive de la prison de Pawiak (Varsovie) le 25 août 43. Après la découverte épouvantée d'Auschwitz ("die Wiese", "die Quarantäne", "die Aussenkommandos"), elle est affectée au Kanada puis envoyée à Birkenau ("Zentrale Sauna" et Kanada) pour l'enregistrement des nouvelles prisonnières et la récupération de leurs biens. Elle explique avec courage et honnêteté comment -avec une nourriture largement suffisante et des vêtements à disposition du fait de son travail- disparaît le souci d'autrui. En l'occurence le souci des autres prisonnières qui meurent à quelques dizaines de mètres, dans les pires conditions de dénuement, voire des déportés menés aux crématoires tant qu'ils ne sont pas individualisés. Son témoignage démontre aussi comment, lorsqu'on était employé(e) au Kommando Kanada, on avait également une liberté de mouvement telle que rien de ce qui se passait au camp ne lui était inconnu. Elle donne ainsi quantité d'informations détaillées.
Enfin il est très intéressant de comparer les différences de traitement au camp entre ses conditions de survie et celles des prisonnières juives. Une postface, rédigée par l'un de ses fils, nous apprend que... Krystyna Żywulska est le nom sous lequel elle a été arrêtée en tant que Résistante, celui qui a été son identité durant tout le temps passé entre les mains des nazis, celui qui figurait sur ses papiers aryens lorsqu'elle s'est évadée du ghetto de Varsovie, car elle était Juive et s'appelait Zofia Landau.

 

 

 

TEMOIGNAGES, BIOGRAPHIES ET AUTOBIOGRAPHIES DE SS :

 

- Rudolf HÖSS, Pery BROAD, Johann Paul KREMER / Auschwitz vu par les SS . – Ed. Musée d'Auschwitz, 2004 (5è éd.), 83-88526-83-9
Trois textes dont les auteurs sont des SS ayant sévi à Auschwitz. Pour Höss ce sont la partie des ses mémoires, écrits dans la prison de Cracovie avant son procès, concernant le Lager. Pour Broad c’est un récit qu’il remet aux autorités Anglaises qui l’ont fait prisonnier. Pour Kremer il s’agit de son journal. Avec préface, postface, notes et annexes.

- Rudolf HÖSS / Le Commandant d’Auschwitz parle . – La Découverte, 2005, ISBN 2-7071-4499-1
Une autobiographie, écrite durant sa détention avant son procès au printemps 47, dans la prison de Cracovie. Une très intéressante préface et postface de Geneviève Decrop (auteur du livre : « Des camps au génocide, la politique de l’impensable », en 1995).

- Jeremy DIXON / Commanders of Auschwitz .- éd.E.Unis (Schiffer military history), 2005, ISBN 0-7643-2175-7
On trouvera dans ce livre (en anglais) une première partie relatant l'historique du camp (60 pages), puis des biographies des 162 officiers ayant sévi à Auschwitz (160 pages).

- Hans SCHMID / Otto Moll : "der Henker von Auschwitz" .- Berlin, Ed. Metropol, revue ZfG n° 2 de 2006, p.118 à 138.
Une étude de tout ce qui est aujourd'hui connaissable de ce personnage épouvantable de cruauté perverse que fut le SS Moll, qui a en particulier sévi à la Strafkompanie et au SK de Birkenau. L'auteur y présente des éléments du procès dit de Dachau où il fut jugé et condamné à mort, des témoignages de survivants parmi lesquels Filip Müller, mais aussi quelques informations d'ordre familial jusqu'alors inconnues. Il conclut à la maladie mentale de Moll (psychosyndrome post-traumatique), causée par son accident de 1937.

 

 

 

DOCUMENTS SUR LES SK :

 

- Des Voix sous la cendre : manuscrits des Sonderkommandos d’Auschwitz-Birkenau .– Calman-Lévy, Mémorial de la Shoah, 2005, ISBN 2-7021-3557-9
Pour le commentaire, voir première rubrique de cette même page.

- Inmitten des grauenvollen Verbrechens : Handschriften von Mitgliedern des Sonderkommandos . – Ed. Des Staatlichen Auschwitz-Birkenau Museums, 1996, ISBN 83-85047-56-5
Les textes des manuscrits de membres de Sonderkommandos retrouvés enfouis auprès des crématoires (Z. Gradowski, C. Herman, L. Langfuß, M. Nadsari) accompagnés de présentations et commentaires (essentiellement dus à W. Bartoszewski, D. Czech, B. Mark et F. Piper).

- Ayse Sila CEHRELI / Témoignage du génocide .- 2001
Le mémoire d'une étudiante en histoire (sous la direction d'André Kaspi, à Paris Sorbonne). Un document qui regroupe essentiellement les sources disponibles sur le sujet des SK. Il a depuis été suivi d'une thèse (juin 2007) sur "la politique génocidaire nazie et la résistance juive a Chelmno, Belzec, Sobibor et Treblinka".

- Georges DIDI-HUBERMAN / Images malgré tout .- Ed. de Minuit, coll. Paradoxe, 2003, ISBN 2-7073-1858-2
Un essai d'un spécialiste de l'art en général et de l'image en particulier, sur les quatre photographies prises par des SK en août 44. Une réflexion et une prise de position quant à la place possible du document en général et de l'image en particulier dans l'étude historique de la Shoah.

- Gideon GREIF / We wept without tears . – London : Yale University press, 2005, ISBN 0-300-10651-3 
Entretiens avec : Josef SACKAR, Abraham et Szlamo DRAGON, Yakov GABBAI, Eliezer EISENSCHMIDT, Saul CHAZAN, Leon COHEN et Yacov SILBERBERG qui sont tous des survivants des SK d’Auschwitz. Les interviews sont mises en forme et présentées par l'auteur, historien à Yad Vashem, qui depuis des années dépense inlassablement son énergie à la collecte de ces voix qui nous disent ce que personne ne saurait sans leur courage de témoigner. (Cet ouvrage existe aussi en Allemand mais pas en Français).

- Eric FRIEDLER, Barbara SIEBERT, Andreas KILIAN / Zeugen aus der Todeszone : Das jüdische Sonderkommando in Auschwitz . – Deutscher Taschenbuch Verlag, 2005, ISBN 3-423-34158-0
Ouvrage paru en 2002 à Münich. N’existe qu’en Allemand (à ma connaissance, seul un projet de traduction en Tchèque est en cours).
A. Kilian est un historien spécialiste du sujet, E. Friedler et B. Siebert sont des journalistes. Ce livre retrace l'histoire des SK chronologiquement en se fondant sur les témoignages des survivants.

- Regula Christina ZÜRCHER / "Wir machten die schwarze Arbeit des Holocaust" : das Personal der Massenvernichtungsanlagen von Auschwitz .- Verlag Traugott Bautz, Berner Forschungen, 2004, ISBN 3-88309-233-9
Un travail construit pour une grande part sur une synthèse d'informations disponibles dans les ouvrages de référence (D. Czech, E. Kogon, G. Greif, les témoignages aux procès, Anatomy, ...où le livre de Filip Müller est abondamment cité). L'auteur consacre une très longue partie à la vie quotidienne des SS à Auschwitz, détaillant les conditions de logement, les loisirs qui leur étaient proposés, etc qui, bien qu'intéressante en soi, semble ici hors sujet. L'étude comparée des victimes et des bourreaux est très disproportionnée (10 pages sur les questions morales des SK puis 23 sur celles des SS, ou 4 pages sur le quotidien des SK avant les 57 sur celui des SS...). Bien que l'auteur ait voulu mener une étude concrète, objective et globale (le SK étant considéré à partir de 1943), ses choix de présentation créent une impression gênante. Très factuel, regroupant sous le terme de "personnel" aussi bien les prisonniers du SK que les SS, ils alternent et voisinent dans le texte sous forme de mélange parfois pesant. Des phrases comme "Auch von des SS-Angehörigen hatten viele Probleme mit ihrer Aufgabe, beteiligen sich jedoch praktisch widerstandlos an der Massenvernichtung der Juden" m'ont parues assez difficiles à supporter. Un choix de construction d'ouvrage n'est pas anodin, et le plan de ce livre me paraît entrer maladroitement en conflit avec le propos.

 

 

 

DOCUMENTS SUR AUSCHWITZ EVOQUANT LES SK :

 

- Témoins d’Auschwitz . – Ed. par le musée d’Etat d’Auschwitz-Birkenau, 1998, 1è parution en Polonais, ISBN 83-85047-62-X
18 textes de témoignages, dont celui d’Henryk Mandelbaum « …et je fus affecté au SK », ce récit est un témoignage envoyé par son auteur aux Archives du Musée d’Auschwitz en 1971.

- Auschwitz : camp de concentration et d’extermination .– Ed. du Musée d’Auschwitz-Birkenau, 2006, ISBN 83-85047-70-0
Un ouvrage collectif construit en six parties : la création du camp, l’organisation, l’extermination, la résistance, la libération et la poursuite en justice des SS dans lequel chaque texte est rédigé par l'historien qui en est le spécialiste.

- Auschwitz la solution finale .- Taillandier et l'Histoire, 2005, 2-84734-211-7
Un ouvrage collectif en trois parties : les mécanismes de l'extermination / spectateurs, résistants et complices / histoire et mémoire du génocide. Chacun des textes est écrit par un historien spécialiste de la question (15 auteurs différents). Il n'y est pas directement question des SK. Ces présentations sont parues auparavant dans la revue "L'Histoire" en 1998. Si la plupart donnent les informations essentielles sur l'extermination éditées dans de nombreux ouvrages par ailleurs, on remarquera particulièrement les textes d'A. Wieviorka qui, avec son habituel style limpide et fluide, donne des informations beaucoup plus rares (sur l'insurrection du ghetto de Varsovie ou la découverte des camps par les Alliés par exemple).

- Michael BERENBAUM et Yisrael GUTMAN / Anatomy of the Auschwitz death camp . - Indiana University Press, 1994, 635 p., 0-253-32684-2
Un ouvrage de référence en six chapitres (History of the camp, dimensions of genocide, perpetrators, inmates, resistance, the outside world) dans lequel chaque sous-thème est rédigé de façon détaillée par l'historien qui en est le meilleur connaisseur. Avec un index complet extrèmement utile en fin d'ouvrage.

- Danuta CZECH / Kalendarium der Ereignisse im Konzentrationslager Auschwitz-Birkenau 1939-1945. – Ed. Rowohlt (Hamburg), 1989, ISBN 3-498-00884-6, 1.056 p. (1ère édition en Polonais).
Année après année, mois après mois et jour après jour, un regroupement de toutes les informations sur le camp construit à partir des APMO, les Archives conservées à Auschwitz (avec diverses annexes, dont un registre des personnes en fin d'ouvrage).

- Pascal CROCI / Auschwitz . – Ed. du Masque Hachette, 2000, ISBN 2-7024-9324-6
Une bande dessinée avec une qualité graphique tout aussi remarquable que les efforts de recherche de son auteur (né en 1961) afin que la vérité de ce que furent Birkenau et les SK soit préservée.

- Ber MARK / Des Voix dans la nuit : La Résistance Juive à Auschwitz .- écrit en 1965, paru en 1977 en Israël et en 1982 en France (Ed Plon), ISBN 2-259-00875-5
Ber Mark, historien et chercheur, a particulièrement travaillé sur la Résistance Juive. Dans cet ouvrage, il en propose une étude pour ce qui concerne les camps d'Auschwitz, fondée sur le recoupement de nombreux témoignages et documents, où bien entendu les SK ont une place importante. La seconde moitié du livre leur est exclusivement consacrée : il s'agit de la traduction et la publication des divers manuscrits qui avaient déjà été découverts à l'époque mais n'étaient pas encore connus : ceux de Z. Gradowski, L. Langfuss et Z. Lewental ainsi que de la lettre de C. Herman.

- Franciszek PIPER / Arbeitseinsatz der Häftlinge aus dem KL Auschwitz .– Ed. Staatliches Museum in Oswiecim, 1995, ISBN 83-85047-49-2
Première parution en Polonais en 1981. Evoque et détaille tout ce qui concerne le travail des prisonniers à Auschwitz (au service du fonctionnement du camp lui-même ou auprès des industries) ainsi que la construction des trois camps.

- Franciszek PIPER / Die Zahl der Opfer von Auschwitz .- Ed. Staatliches Museum in Oswiecim, 1993, ISBN 83-85047-17-4
Une étude de tous les types de documents disponibles, incluant la déposition de Shlomo Dragon les 10, 11 et 17 mai 45 auprès de Jan Sehn à Cracovie dans le cadre du procès de Höss.

- Leon POLIAKOV / Auschwitz . – Folio Gallimard, coll. Histoire, n°145, ISBN 2-07-033693-X (rééd. 2006 avec une postface d'Annette Wieviorka, 1ère parution chez Julliard en 1964).
Un ouvrage qui reste incontournable malgré le passage du temps. C'est une présentation complète du camp (de concentration et d'extermination) faite avec précision et exigence. Construit sur des documents d'archives et des témoignages qui sont toujours des pièces essentielles aujourd'hui (on y trouve notamment la déposition de Dov Paisikovic pour le procès de Francfort, antérieure à son témoignage devant la cour -traduite sur le présent site).  

- Vladimir POZNER / Descente aux enfers .- Julliard, 1980 ISBN 2-260-00192-0
Un ouvrage dans lequel l'auteur tente de reconstruire la réalité d'Auschwitz par des extraits de témoignages de survivants.On y trouvera notamment, en ce qui concerne les SK, des extraits du témoignage de C. Bendel (dans 'Témoignages sur Auschwitz' paru en 1946), le témoignage de D. Paisikovic (déposition au procès) et la lettre de C. Herman (manuscrit enterré).

- Jean-Claude PRESSAC / Les Crématoires d’Auschwitz . – CNRS éditions, 1993, ISBN 2-271-05093-6.
L’ouvrage de référence sur le sujet, construit à partir d’une étude détaillée de documents d’archives, notamment celles de la "Bauleitung" (service des constructions) dont la plus grande partie avait été emportée par les Soviétiques lors de la libération du camp et ne fut plus accessible durant des décennies. Ces archives sont complètes, elles ne furent pas détruites au moment de l'évacuation par Werner Jothann, le SS Directeur de la Bauleitung récemment nommé. Elles montrent toutes les étapes de la réflexion, des choix et des décisions de la Bauleitung (détail des relations entre Bischoff et Prüfer) quant aux Bunkers et à la construction des cinq crématoires d'Auschwitz et Birkenau.

- Laurence REES / Auschwitz : les nazis et la "solution finale" . - Albin Michel, 2005, trad. par P.E. Dauzat, 2-226-15590-2
Cet ouvrage du Directeur des programmes d'histoire de la BBC, très documenté et très dense, expose chronologiquement tout ce qui concerne Auschwitz dans une large acception, en s'appuyant sur de très nombreux témoignages de survivants. De ce livre a été tiré un film documentaire (voir la filmographie de la médiagraphie).

- Jan SEHN / Le camp de concentration d'Oswiecim - Brzezinka . – Varsovie, Wydawnictwo prawnicze (Ed. Juridiques), 3è éd. de 1957 (1è éd. 1946).
L'ouvrage du Juge qui dirigea durant plus d'un an la "Commisssion générale d'enquète sur les crimes hitlériens en Pologne". On y trouve la présentation du camp d'Auschwitz 1 et de Birkenau (mise en place, buts, activités) fondée sur des faits établis et documentés.

- Wolfgang SOFSKI / L’Organisation de la terreur . – Calman-Lévy, 1995, ISBN 2-7021-249-1
Essai paru en 1993 à Francfort. Un angle d'étude du fonctionnement des camps en tant que sociétés, utilisant les outils de l'analyse sociologique et s'appuyant sur les archives allemandes et les témoignages.

- Art SPIEGELMAN / Maus : un survivant .– Flammarion, 1973 pour la 1ère éd. aux Etats-Unis par Pantheon Books, 1986 pour la présente, ISBN 2-08-066029-2
Une bande dessinée reconnue comme un chef-d’oeuvre de la littérature. Art, le fils, tente de comprendre et accepter le vécu de Vladek, son père, depuis les années 30 en Pologne. Une biographie qui permet d'approcher quantité de faits historiques au travers d'une histoire personnelle..

- Olga WORMSER-MIGOT / Le Retour des déportés. - Ed. Complexe, 1985, 2-87027-155-7
Le 23 août 44 c'est la libération de Paris. Cet ouvrage est construit sur les quatre saisons qui suivent jusqu'au printemps 45 (libération de Mauthausen le 5 mai). Au travers de quantités d'histoires personnelles -qui le sont restées ou sont devenues historiques en raison de la célébrité des personnes concernées- l'auteur essaie de nous faire saisir ou revivre ce que furent la découverte stupéfaite de l'univers concentrationnaire, l'organisation du rapatriement des déportés survivants (auquel elle consacre toute son énergie), l'attitude involontairement malhabile des volontaires qui les accueillent, la douleur de l'attente d'un frère, d'une mère...
Une dizaine de pages évoque les SK d'Auschwitz, et me laisse extrêmement mal à l'aise parce qu'on y trouve des erreurs et approximations mais aussi des formules parfois très étranges (par ex. "Les damnés qui le composent et dont la plus grande majorité est désignée d'office"... la plus grande majorité ? mais qui sont les autres ? le lecteur n'est-il pas amené à comprendre qu'il y aurait eu des prisonniers volontaires ?)

- Les Derniers jours (d’après le film de James MOLL)

 

 

 

DOCUMENTS et / ou TEMOIGNAGES SUR L’EXTERMINATION
(études d'aspects généraux ou témoignages)

 

- Die Hefte von Auschwitz . – Ed. Staatliches Auschwitz-Muzeum
22 numéros parus à ce jour, d'abord en polonais puis traduction en allemand (voir la page spécifique qui les répertorie dans cette médiagraphie)
Ex. : Hefte von Auschwitz 20 . – 1997, ISSN 0440-5897, traduit du Polonais.
Contenu : cinq auteurs pour des études portant sur : les femmes à Auschwitz, le camp de quarantaine des hommes à Birkenau, le camp des familles de Theresienstadt, le service de santé, les activités du Dr Mengele.

 
- Revue d’histoire sur la Shoah.
Elle existe depuis 1945. Georges BENSOUSSAN en est le rédacteur en chef. Elie WIESEL et Robert BADINTER entre autres font partie de son comité scientifique. Sur les SK, voir en particulier les numéros 171 de 2001 et 179 de 2003. C’est dans cette revue qu’eût lieu la première parution du premier manuscrit retrouvé, enterré par Zalmen GRADOWSKI.

- Mémoire vivante, Bulletin de la Fondation pour la Mémoire de la Déportation.
Revue trimestrielle. Abonnement sur le site www.fmd.asso.fr Les n° 41 et 42 de 2004 en particulier sont consacrés à une présentation d’Auschwitz très complète.

- Materials on the Memorial to the murdered Jews of Europe .- Ed. Nicolai, Berlin, 2009 (3è éd.), 3-89479-223-X
Cet ouvrage (rédaction collective) est bien plus qu'un catalogue d'exposition consacré au Mémorial de Berlin (voir ici la page le concernant). Il présente également tout l'historique de sa conception et de sa mise en place, ainsi que les interrogations et débats afférents. Il documente en outre largement chacune des salles d'exposition du Mémorial et des archives qui y sont présentées.

Paroles de la Shoah : anthologie . - GFlammarion, coll. Etonnants classiques, 2002, 2-08-072129-7
Un petit ouvrage (125 p) conçu par Patrice KLEFF qui donne toutes les informations essentielles pour comprendre la Shoah en partant des années 30 et jusqu'aux difficultés des survivants, en s'appuyant sur des faits, des chiffres et des documents (textes de loi, d'écrivains et entretiens avec des "anonymes"). Un livre à recommander pour tous les adolescents qui s'interrogent et sont à la recherche d'informations sur lesquelles fonder leur réflexion.

- Revue L’Histoire, n° 156 de juin 1992, le dossier des chambres à gaz, p. 42 à 50.
Un dossier qui a paru indispensable, en suite au précieux travail de Jean-Claude PRESSAC qui en effet permettait d’établir des vérités historiques en lieu et place d’hypothèses approximatives et parfois erronées par manque d’informations (et une réponse définitive aux négationnistes). Trois historiens s’y expriment.

- Revue L’Histoire, n° spécial 18 du 1er trimestre 2003, Hitler : le nazisme et les Allemands, 98 p.
Un numéro de grande qualité organisé en trois thèmes : La prise du pouvoir - Au coeur du IIIè Reich - Le nazisme et les Allemands. Il fait le point sur les connaissances, les divergences et les doutes entre historiens sous les plumes les plus célèbres (Jean-Pierre AZEMA, Philippe BURRIN, Edouard HUSSON, Ian KERSHAW, Hans MOMMSEN, ...)

- Revue Sciences humaines, n° 170 d’avril 2006, le dossier : Anatomie des massacres, par Régis MEYRAN, p. 24 à 32.
Une interview de Jacques SEMELIN qui publie un ouvrage au Seuil sur le sujet. Sa démarche est de chercher l’enrichissement d’une démarche pluridisciplinaire étant lui-même au croisement de formations en histoire, psychologie et sciences politiques. "C’est terrible à dire, le massacre fait au fond partie de notre humaine condition".

- Giorgio AGAMBEN / Ce qui reste d'Auschwitz . – Ed Payot & Rivages, 1999 en français, 2-7436-0475-1
La réflexion d'un philosophe sur le témoignage, sur la notion d'inhumanité.

- Georges BENSOUSSAN / Auschwitz en héritage ? Du bon usage de la mémoire . – Mille et une nuits, 2003, ISBN 2-84205-736-8
Une interrogation des phénomènes de mémoire collective autour de la Shoah, une réhabilitation du questionnement historien et politique. Dans ce livre il ne s'agit pas "de l'histoire de la Shoah mais des questions politiques que cette histoire soulève". Partant d'une constatation fondamentale : la logorrhée n'empêche pas l'oubli et encore moins une interrogation véritable et nécessaire, l'auteur développe son point de vue selon lequel cette interrogation ne peut se fonder que sur une problématique qui prenne en compte la chronologie et questionne notamment les convictions humanistes (la Shoah montrant que la culture ne protège pas de la barbarie). Il propose également la piste de réflexion d'une politique d'Etat fondée sur une pensée biologisante comme modalité moderne et dangereuse. Un livre qui pose des questions de fond et engage à un véritable travail d'historien c'est à dire osant poser les questions nécessaires, même si elles peuvent être dérangeantes.

- Michel BORWICZ / Ecrits des condamnés à mort sous l’occupation nazie . – Folio, coll Histoire n° 75, 1996, ISBN 2-07-032959-3
Ce titre fut celui de la thèse que l’auteur soutint à la Sorbonne. Il fut prisonnier au camp de Lwow dont il s’évada et devint l’un des chefs de la Résistance Polonaise. 

- Jean-François BOSSY / La Philosophie à l’épreuve d’Auschwitz . – Edition Ellipses, 2004, ISBN 2-7298-1835-9.
Une réflexion sur les camps, de leur existence et leur spécificité aux modalités d’existence en tant que prisonnier. Une interrogation du totalitarisme et de la pensée d’Hannah Arendt et du sens profond de certaines habitudes de pensée (devoir de mémoire, banalité du mal, …), l’ensemble de l’ouvrage étant guidé par des citations de récits et témoignages de survivants.

- Christopher BROWNING / Les Origines de la solution finale .- Les Belles Lettres, 2007 (2004 aux Etats-Unis), 978-2-251-38086-5
Un fort ouvrage qui détaille, de la fin 39 à la fin 41/début 42, tout ce qui a trait à la mise en place de l'émigration forcée et ses évolutions jusqu'à l'extermination (qui ? quand ? quelles étapes ?). Ce livre se réfère à tous les types de documents disponibles, notamment pour reconstituer les emplois du temps des principaux décideurs (Hitler, Goebbels, Himmler, Heydrich, Eichmann, ...) et des acteurs de terrain (Globocnick, Franck, Wirth, Brack, ...) leurs déplacements à l'Est, leurs rencontres et leurs déclarations verbales ou écrites. L'auteur replace par ailleurs, de façon assez inhabituelle et fort intéressante, cette évolution et les décisions qui l'accompagnent dans le contexte de la guerre menée par le régime nazi contre la Russie en montrant les liens entre personnages-clés, idéologie et circonstances. On notera enfin un volumineux index (40 pages) précieusement détaillé qui permettra d'utiliser ce livre comme une référence permanente lorsqu'on recherchera un élément spécifique.

- Christopher BROWNING / Des Hommes ordinaires. Le 101è bataillon de réserve de la police allemande et la Solution Finale en Pologne .- Taillandier-Texto 2005 (1ère éd. 1992 aux Etats-Unis), 978-2-84734-423-3
Ce livre, dédié à Raul Hilberg, est préfacé par P. Vidal-Naquet. Il étudie le Bataillon 101 (près de 500 hommes de "l'Orpo" Ordnungspolizei) de juin 42 à novembre 43 en utilisant les 210 témoignages du procès qui s'est tenu en Allemagne dans les années 60. L'ouvrage est construit de façon chronologique et suit les exécutants par une étude du corpus des témoignages en montrant les évolutions (des méthodes comme des comportements et réactions) au fil des opérations qui passent par les tueries de masse et les organisations de déportations pour Treblinka et se terminent par la "Fête des moissons" du 3 novembre 43 (42.000 victimes). Au-delà de l'information sur les faits, l'auteur cherche à extraire des témoignages les réactions, motivations et évolutions pour essayer de comprendre comment des hommes "ordinaires" que rien ne destinait à devenir des exécutants de première ligne de l'extermination ont pu y participer, s'y accoutumer. Une postface (40p) rédigée par la suite est une réponse aux conflits et désaccords avec D. Goldhagen.

- Stéphane BRUCHFELD, Paul A. LEVINE / Dites-le à vos enfants : histoire de la Shoah en Europe, 1933-1945 . – Ramsay, 1998, préface de Serge Klarsfeld
Un livre qui a été offert aux établissements scolaires français. Une quantité et une précision d’informations dont on se demande comment elles peuvent tenir dans un si petit ouvrage.

- Sem DRESDEN / Extermination et littérature : les récits de la Shoah . - Nathan, coll. Essais et recherches, 1997 (1ère parution en néerlandais en 1991), ISBN 2-09-190818-5  

- Myriam FOSS et Lucien STEINBERG / Vie et mort des Juifs sous l'occupation : récits et témoignages .- Plon, 1996, 2-259-0079-7
M.Foss (journaliste) et L.Steinberg (historien) présentent ici trente témoignages retraçant la vie de Juifs de France, connus (tels S.Klarsfeld ou L.Poliakov par exemple) ou inconnus. Ces témoignages sont regroupés de façon thématique en sept chapitres avec, au début de chacun, un texte de synthèse sur l'aspect spécifique mis en lumière.

- Saul FRIEDLÄNDER / L’Allemagne nazie et les Juifs : 1 : Les années de persécution 1933-39 .- Seuil 1997, ISBN 2-02-09702-8 et 2 : Les années d’extermination 1939-45 .- Seuil 2008, trad.française de Pierre-Emmanuel Dauzat, ISBN 2-02-020282-4
Les derniers ouvrages parus de l’historien franco-israélien dont l’intérêt majeur me paraît être la volonté de construire une pensée à la fois aussi globale et détaillée que possible de ce qu’on pourrait appeler une quotidienneté de la mise en place du régime nazi et ses extensions en Europe. Cette recherche se fonde en effet sur une multitude de documents aussi concrets que variés, utilisant des sources relativement inhabituelles (du type journaux intimes, courriers personnels) qui permet de mieux appréhender les contextes politiques et sociaux au travers des réactions et comportements des bourreaux comme des victimes. Dans une telle somme qui finalement se veut exhaustive, on sera donc très surpris de la quasi-absence d’évocation des Sonderkommandos.

- Martin GILBERT / Jamais plus. Une histoire de la Shoah .– Taillandier, coll. Historia, 2001, ISBN 2-235-02298-7.
Ce livre retrace la vie des Juifs d’Europe avant les années 30, puis la montée du nazisme et tous les aspects de l’extermination. Le texte est assorti de cartes, photos et dessins.

- Daniel Jonah GOLDHAGEN / Les Bourreaux volontaires de Hitler : les Allemands ordinaires et l’Holocauste . – Points n° P467, 1997, ISBN 2-02-033417-8
L’étude d’un professeur de Sciences Po à Harvard qui a suscité un intense débat à sa sortie. Quelle est la responsabilité du peuple Allemand ?

- Raul HILBERG / La Destruction des Juifs d’Europe . – Folio histoire n° 142, 143 et 144, nouvelle édition augmentée parue en 2006, ISBN 2-07-033768-5
L'ouvrage de référence, l'oeuvre d'une vie, des réponses fiables et référencées à tous les "qui, quand, comment".

- Eugen KOGON, Hermann LANGBEIN, Adalbert RÜCKERL / Les Chambres à gaz secret d’état . – Points histoire n°H95, 1983 en allemand et 1984 pour la traduction française, 2-02-040960-7
La matière de cet ouvrage a été recherchée par vingt-quatre survivants de tous horizons (historiens ou juristes, Juifs ou pas, de divers pays [Allemagne, Autriche, France, Hollande, Israël et Pologne) tous membres du Comité international des camps, parmi lesquels trois se sont chargés de la rédaction. Il regroupe et organise tout ce qui concerne les différentes modalités d'extermination par le gaz et se fonde sur les documents d'archives retrouvés ainsi que sur les témoignages et dépositions recueillis au cours des différents procès des camps, ceux des victimes comme ceux des SS.

- Joël KOTEK, Pierre RIGOULOT / Le Siècle des camps . –

- Hermann LANGBEIN / Hommes et femmes à Auschwitz . – 10/18, n°2481, 1994
Paru en 1975 chez Fayard. Un livre qui aurait pu être classé sous la rubrique témoignage, mais c’est l’historien qui l’a écrit, avec le vécu du survivant et la collecte de très nombreux témoignages. Une somme détaillée, classée de façon thématique sur tous les aspects du quotidien au camp d’Auschwitz, étayée de nombreuses citations de rescapés. Un livre dont Primo Lévi a dit : «Voici un livre que je tiens pour fondamental et que j’aurais voulu avoir écrit moi-même».

- Claude LANZMANN / Shoah .- Folio, 1985
Le livre qui accompagne les DVD du film et qui en reprend utilement tous les textes.

- Annie LECLERC / Exercices de mémoire . – Grasset, 1992, ISBN 2-246-46911-2
Les souvenirs d'une enfant, mais surtout les très intéressantes réflexions d'une intellectuelle de qualité (morte en 2006) sur le "devoir de mémoire", qui interroge notamment ce qui se passe réellement en soi lorsqu'on dit/croit que l'on n'est pas capable d'approcher la Shoah plus avant parce que c'est trop violent.

- Michael MARRUS / L'Holocauste dans l'histoire .- Flammarion, coll. Champs, 1994 (1ère éd. 1987), 2-08-081307-2.
L'historien Canadien célèbre pour ses travaux sur les Juifs de France propose ici un panorama d'ensemble de la Shoah. Il s'intéresse à ce qui a été su, fait (ou pas) et dit à l'époque, en remettant les faits en perspective et aux différents regards et analyses portés ensuite par les historiens spécialistes. Une étude inhabituelle et très riche parce qu'elle questionne les différents thèmes en profondeur et sous tous leurs aspects. Un ouvrage riche des nombreuses pistes de réflexion et portes qu'il ouvre vers d'autres travaux d'historiens. L'appareil de notes s'approche ainsi d'une considérable bibliographie commentée, conséquente et très utile.

- Daniel MENDELSOHN / Les Disparus (The Lost) .- Flammarion, 2007 (2006 pour la publication originale aux Etats-Unis), 2-0812-0551-2
Ce travail autobiographique (littéraire et photographique) qui est une recherche de sa propre famille par l'auteur, est construit sur les premières parashat. Dans son voyage on ne peut plus personnel (qui l'emmènera en Ukraine, Australie, Israël et Danemark) nous le suivons pas à pas. Au travers de cette intimité, c'est pourtant à des réflexions de fond que ce livre nous amène.

- Léon POLIAKOV / Bréviaire de la haine. Le IIIè Reich et les Juifs .- Ed. Calman-Lévy, 1951, 2-7021-0292-1.
Même en sachant que son auteur était aux origines des archives du CDJC, voilà un ouvrage de grande qualité qui surprend, étant donné sa date de parution, par l'aspect très complet et très documenté (énormément de renvoi à des textes d'époque essentiels et parfois méconnus) des informations qu'il contient. Ce texte balaie toute la période de 1933 à 45. Parmi les éléments peu traités ailleurs, il s'intéresse par exemple aux relations avec l'Allemagne des différents pays concernés par les déportations (la façon dont les déportations sont pensées par les Nazis, les modalités différentes qu'ils proposent selon les pays, ...). Un chapitre est aussi consacré aux ghettos et un autre à la résistance juive dans lesquels l'auteur évoque les actes de résistance, fréquents mais évidemment peu connus (en dehors des ghettos de Varsovie et de Lodz) faute de survivants.

- Jorge SEMPRUN / Le grand Voyage . – Gallimard, Folio n° 276, 1991 (1ère éd. 1964), ISBN 2-7036276-0.
La qualité littéraire de l’auteur, au service du témoignage.

- Jorge SEMPRUN / L'Ecriture ou la vie . - Gallimard, 1994, ISBN 2-07-074049-8.
Un livre qui s'ouvre à la libération de Buchenwald. Jorge Semprun le construit comme une oeuvre impressionniste, par touches qui se répondent et se complètent, en aller-retours permanents entre passé et présent pour nous faire approcher ce que fut sa vie après le camp. Quelle vie après avoir traversé sa mort ? Comment supporter le souvenir qui envahit chaque temps de disponibilité de l'esprit ? Ecrire est-il libératoire ou est-ce l'inverse ?

- Jorge SEMPRUN / Le mort qu'il faut .- Gallimard, Folio n°3730, 2001, ISBN 2-07-042454-5.
Ce roman-témoignage est construit autour d'un incident inquiétant : la Direction centrale des camps fait demander à la Politische Abteilung (la Gestapo du camp) si l'auteur est toujours vivant. A partir de cet élément, Jorge Semprun restitue des moments, des lieux et des personnages de Buchenwald. Un ouvrage où la parole du témoin est plus prégnante que celle de l'écrivain.

- Enzo TRAVERSO / La Violence nazie : une généalogie européenne .- Ed. la Fabrique, 2002, 2-913372-14-7
Un regard sur le nazisme dans des perspectives spatiales plus vastes que la seule Allemagne et des perspectives temporelles plus larges que les seules années 1933-1945. L'auteur étudie ainsi les prémisses matérielles (modalités et évolutions de diverses technicités) et morales (stéréotypes racistes et antisémites, sérialité de la mort, ...). Il en dégage l'hypothèse selon laquelle le nazisme n'est ni une aberration imprévisible ayant émergé ex nihilo, ni un retour vers une barbarie primitive, mais bien un produit de la civilisation occidentale que l'on pourrait définir comme une évolution pathologique. Il expose dans cet ouvrage ce qu'il considère comme les modèles idéologiques, politiques, historiques, techniques et sociaux dans l'attitude générale de l'Europe dès la fin du XIXè synthétisés par le nazisme.

- Leon WELICZER WELLS / Pour que la terre se souvienne .- Albin Michel, 1962 (1ère éd. mars 46)
L'auteur, né à Lwow en 1925, prisonnier du ghetto de cette ville en 41, du camp de Janowska en 42 et envoyé comme membre de "l'opération 1005" en 43, nous livre ici un témoignage éprouvant de l'épouvante qu'il a traversée. Son texte est reconstruit, pour la 3è partie, à partir de notes prises jour après jour durant sa participation à l'effacement des traces de la "brygada śmierci" avant qu'il ne s'en évade avec ses camarades. Il fut édité en 46 par la Commission d'histoire juive de Pologne à Lodz dirigée par l'historien Philip Friedman. Il a témoigné en URSS et au procès Eichmann. Il est devenu ingénieur. Son témoignage est détaillé, précis et précieux.

- Harald WELZER / Les Exécuteurs. Des Hommes normaux aux meurtriers de masse .- NRF Gallimard Essais, 2005 en Allemand, 2007 en Français, 978-2-07-077941-3
L'auteur (directeur de recherche en psychologie sociale, né en 1958) mène ici une analyse des modalités psychosociologiques susceptibles d'expliquer le passage de groupes humains à des comportements déviants. Il interroge en particulier les processus d'évolution de tout un pays vers des référentiels communs a-normaux en quelques mois (Allemagne de 1933). Il étudie également de façon détaillée les raisons permettant de comprendre le passage "d'hommes ordinaires" aux meurtriers de masse des Einsatzgruppen par un aller-retour constant entre les archives d'époque (textes et PV d'interrogatoires des procès) et les connaissances du fonctionnement humain apportés par la sociologie. Sa conviction est en opposition à l'explication de l'homme retrouvant des instincts animaux de violence et de mort et son propos est donc d'expliciter en quoi, à l'inverse, ce sont les critères sociaux qui déterminent le possible de ces évolutions.

- Annette WIEVIORKA / Déportation et génocide. Entre la mémoire et l’oubli .- Plon en 1992, Hachette Littératures, coll. Pluriel histoire en 2003, 2-01-279058-52
Un ouvrage dans lequel les sujets sont étudiés par un retour aux sources (et à des archives multiples et variées) afin de questionner certaines notions et/ou habitudes de pensée (voire de non-pensée). Le fil rouge de ce livre, dense et très documenté, est une réflexion autour de la place accordée -ou non- à la spécificité Juive dans tous les aspects de l'immédiat après-guerre. Il est construit en trois chapitres. Le premier s'intéresse au "déporté", en commençant par une interrogation du terme lui-même, qui n'est en réalité pas une évidence, puis en étudiant les différents types de rapatriement, les associations de déportés qui se mettront en place et les différents statuts des déportés. Le deuxième chapitre, passionnant en tous points, s'intéresse aux premiers témoignages, à la diversité des situations et des perceptions, à la place de la conscience de l'extermination, aux finalités souhaitées à ces témoignages par ceux qui les ont rédigés. Le dernier chapitre évoque la communauté Juive face au génocide : les structures mises en place, ses évolutions.

- Annette WIEVIORKA / L'Ere du témoin .- Hachette, Pluriel Histoire, 1998, 2-01-279046-1
Cet ouvrage, que l'auteur présente elle-même comme un épilogue au précédent (ci-dessus) propose un regard sur le témoignage et ses évolutions en trois étapes (archives des ghettos et d'après guerre / après le procès Eichmann / depuis les années 70) qu'elle étudie en relation avec certains éléments du contexte social et certains jalons (ex de la série "Holocaust"). Parallèlement à cette intéressante analyse, elle interroge les évolutions éventuelles du travail et de la posture de l'historien dans un aller-retour constant entre "les histoires" (individuelles) et l'Histoire (collective).

- Annette WIEVIORKA / Auschwitz, 60 ans après .– Laffont, 2005, ISBN 2-221-10298-3
Une étude d’Auschwitz et Birkenau construite dans un va-et-vient permanent entre hier (construction et vécu du camp) et aujourd’hui (ce que voit le visiteur). Cet ouvrage d’une extrême lisibilité me semble permettre d’en faire un excellent prologue à un travail de préparation de visite du camp par une classe de lycée -ce qui n’est évidemment pas l’intention de l’auteur, mais dû à mon regard personnel en tant qu’enseignante- même si l’on n’oubliera pas dans ce cadre l’existence de Auschwitz expliqué à ma fille, du même auteur, paru au Seuil en 1999, ISBN 2-02-036699-1.

 

 

SUR LES CAMPS DE "L'AKTION RHEINARDT"

- Chil RAJCHMAN / Je suis le dernier Juif : Treblinka 1942-43 .- Ed. Les Arènes, 2009, 2-35204-066-8.
L'auteur (né le 14 juin 1914 à Łódź) a écrit cet ouvrage peu de temps après son évasion du camp de Treblinka (lors de la révolte du 2 août 43), ce qui en fait un témoignage de première importance. Affecté à la partie dite "camp 1" (zone d'arrivée des victimes) puis au "camp 2" (zone d'extermination) il a pu être témoin de l'ensemble du fonctionnement du camp dont il expose toutes les modalités.

- Richard RASHKE / Les Evadés de Sobibór .- Renaissance, 1983, 2-85616-257-6.
Force m'est de reconnaître que j'abordais ce livre avec circonspection parce qu'il est l'oeuvre d'un journaliste et non le travail d'un historien (de ma part c'est un comble !) Il s'avère qu'il s'agit d'un livre dont le niveau d'exigence est remarquable. L'auteur reconstitue, autant que faire se peut, le quotidien et l'histoire de Sobibor, du printemps 42 à la révolte du 14 octobre 43. Pour ce faire, outre la lecture de tous les documents disponibles, il a rencontré, longuement interviewé et croisé les informations de 19 survivants. Il nous fait part également des modalités de ces rencontres parmi lesquelles, bien entendu, Toïvi Blatt, Shlomo Szmajzner, "Sacha" Petchersky, Esther Raab Terner.

- Gitta SERENY / Au fond des ténèbres .- Denoël, 2007, 2-20725929-0
L'ouvrage de référence pour qui travaille sur Treblinka, paru en 1974 à Londres. G.Sereny y rapporte ses 70 heures d'entretien avec Franz Stangl en 1971 dans sa prison, mais aussi quantité d'autres entretiens avec tous les personnages-clés, survivants du camp (Richard Glazar, Stanislaw Szmajner, Berek Rajzman,...) mais aussi SS (Franz Suchomel notamment) et autres responsables (Dieter Allers,...) voire familles dans certains cas.

- Samuel WILLENBERG / Révolte à Treblinka . - Ramsay, collection L'Indicible, 2004, ISBN 2-84114-663-4
Un ouvrage en deux parties. Dans la première, l'auteur (né en 1923), survivant de Treblinka, nous confie tous ses souvenirs du camp (son fonctionnement, son personnel SS et Ukrainien, ses amis prisonniers Juifs comme lui, jusqu'à la révolte et l'évasion). Dans la seconde, il explique comment il a vécu et combattu ensuite à Varsovie et tout ce qu'il a personnellement pu connaître de cette situation pour l'avoir vécue.

 

 

SUR MAJDANEK

- Anna WIŚNIEWSKA, Czeslaw RAJCA / Majdanek, das Lubliner Konzentrationslager .- Ed. Państwowe Muzeum na Majdanku, 2002, ISBN 83-916500-2-2
Un livret (70 p, illustré de photos d'époque, d'artefacts retrouvés) fort utile pour qui prépare une visite de ce camp ou simplement pour qui veut en connaître les principaux aspects et modalités de fonctionnement.

 

 

SUR LES GHETTOS

- Larissa CAIN / Une Enfance au ghetto de Varsovie .- L'Harmattan, 1997, ISBN 2-7384-5647-2
Née en 1932, cette petite fille de Varsovie devenue dentiste en France nous confie ici tout ce qu'elle sait de sa famille disparue dans la folie antisémite meurtrière des nazis et nous raconte en particulier tout ce dont elle se souvient quant au ghetto de Varsovie dont le courage de son père et son oncle lui ont permis de s'enfuir à la mi-décembre 42, après la "große Aktion" dans laquelle a disparu sa mère. Son témoignage inclut également son parcours d'enfant orpheline dans la Pologne d'après guerre, appuyé sur des extraits de son journal intime de l'époque. L'auteur mène aujourd'hui des recherches sur le ghetto et la résistance des insurgés.

- Adam CZERNIAKOW / Carnets du ghetto de Varsovie .- La Découverte n°143, 2003 (1ère parution 1968), 2-7071-3937-8
Rédigés du 06 septembre 39 au 23 juillet 42 (jour de son suicide / du début de la "große Aktion"), ce texte est le journal du Président de la communauté juive de Varsovie. Jour après jour, le chef du Judenrat (jamais nommé ainsi par lui-même) note les démarches qu'il entreprend, les réunions auxquelles la SS le convoque, les choix qu'il est amenés à faire (notamment la priorité absolue qu'il essaie de donner aux enfants, soins, éducation puis surtout nourriture). Un texte précis et très sobre (factuel) parce que l'auteur n'inclut (hélas) pas ses pensées, réactions ou interrogations. Il écrit juste se percevoir tel le commandant du paquebot qui coule, ordonnant de faire jouer l'orchestre comme étant encore ce qu'il y a de mieux à faire.

- Marek EDELMAN / Mémoires du ghetto de Varsovie .- Liana Levi, 2002 (3è éd. en français), 978-2-86746-311-2
Le précieux texte Le Ghetto lutte écrit en 1945 par le célèbre insurgé est un rapport pour les responsables de son parti, le Bund. On trouve déjà chez le jeune homme qui l'écrivit la parole belle et libre de l'homme honnête et engagé qu'il restera (voir page le concernant ici) Ce texte est encadré par une préface de P. Vidal-Naquet et suivi d'une chronologie et d'une bibliographie.

- Jan JAGIELSKI / The Remnants of the Warsaw ghetto : 1943-2008 : Niezatarte ślady getta Warszawskiego .- Ed. Mówia wieki, ŻIH, 1997, 978-8386-15698-6
Un ouvrage bilingue anglo-polonais dans lequel, après un historique chronologique des étapes concernant le ghetto de Varsovie, chaque double page propose deux photos prises dans Varsovie : l'une d'époque, l'autre actuelle et avec le même angle de prise de vue, accompagnées de textes évoquant ce qui est visible sur ces images (les témoignages sont pour beaucoup ceux d'A. Czerniaków ou E. Ringelblum). Particulièrement intéressant pour qui souhaite se rendre à Varsovie à la recherche des rares traces subsistant du ghetto (rasé par les nazis après les déportations).

- Calel PERECHODNIK / Suis-je un meurtrier ? .- Ed. Liana Levi, 1995 (1ère parution en Polonais 1995), 2-86746-124-3
Un livre éprouvant qui met violemment face à la générale et définitive noirceur humaine : on ne peut rien attendre, de personne, y compris soi-même, lorsqu'on est jeté dans une situation extrème. Il s'agit de la terrible autobiographie d'un intellectuel Juif Polonais en pleine ascension sociale en 1939. Il couvre la période de 39 à 43. Ce livre est écrit en 43, l'auteur a moins de 30 ans, il le rédige depuis la pièce où il est caché, avant de mourir. Il raconte ce qui s'est passé, étape après étape, dans sa ville d'Otwok (près de Varsovie). Aux paliers successifs et calculés avec perversité des violences qui sont faites aux Juifs par l'envahisseur nazi, s'ajoutent l'absence de réaction puis les réactions égocentriques et souvent sordides de tous. Il fera partie de la "Ghetto Polizei" de sa ville et en tant que tel amènera sa femme et sa fille sur l'Umschlagplatz pour leur départ à Treblinka. Détaillant l'attitude de chacun (et la sienne) dans ce livre témoignage qui est un cri de désespoir, le lecteur est face à l'étouffante constatation d'inéluctable à laquelle se surajoutent les effrayantes attitudes humaines.

 

DOCUMENTS et / ou TEMOIGNAGES sur les PROCES

 

- The Belsen trial : trial of Josef Kramer and forty-four others.- Great Britain : Ed. Raymond Phillips, 1949.
Les minutes des 54 jours d'audience du procès (17 septembre - 17 novembre 45). Voir pages spécifiques sur le site (présentation du procès, des témoins, des accusés et un tableau récapitulatif des peines qui leur ont été infligées).

- Charles AJENSTAT, Daniel BUK, Thomas HARLAN / Hermann Höfle, l'Autrichien artisan de la Shoah en Pologne .- Ed. Berg International, 2006, 978-2-911289-87-3
Après une introduction que je qualifierai de vigoureuse du Père Patrick Desbois, cet ouvrage propose une série de documents d'archives inédits émanant du dossier d'instruction de Hermann Höfle, entré dans la SS en 37 et passé à "l'école de Dachau" avant d'obtenir un poste et donc un rôle importants dans les camps de "l'action Reinhardt" (ce dont il se défend par tous les moyens...) Les témoignages s'accumulant et l'accablant, il se suicide en prison.
Cet ouvrage ne permet pas de relater l'infâme parcours, désormais connu, de H. Höfle. Son intérêt est de nous permettre d'accéder à des témoignages de survivants qui sont des dépositions de 1961, en particulier concernant le ghetto de Varsovie et les modalités de son évacuation, mais aussi au stupéfiant témoignage d'un ancien colonel de l'armée envoyé à Sobibor alors que la révolte vient d'avoir lieu.

- Haïm GOURI / La Cage de verre : journal du procès Eichmann .- Ed Albin Michel, 1964.
L'auteur, poète et journaliste, est né en 1923 à Tel Aviv. Suivant le procès Eichmann à Jérusalem pour son journal (Lamerhav), il rédige une chronique quotidienne. Ce sont ces articles qui sont ici publiés. Ce compte-rendu des 121 audiences ne se veut évidemment pas exhaustif, mais pas distancié non plus. L'auteur s'arrête sur ce qui lui semble important et nous fait part de ses ressentis. Cette approche très humaine de ce procès essentiel, suivi par le monde entier, propose finalement un regard qui paraît très objectif et complet, même si on regrette que ne soient pas plus détaillées les dépositions des 111 témoins.

 

 

 

POUVEZ-VOUS M'AIDER ?
Je suis à la recherche de certains ouvrages, peut-être sont-ils en votre possession ? Il s'agit de :
Holger LESSING / Der erste Dachauer Prozess .- Baden-Baden, 1993
Shaje GERTNER / Sonderkommando in Birkenau .- Ed. Jacob Glatstein, Philadelphie, 1969
André LETTICH / 34 mois dans les camps de concentration .- Paris, 1946
Maria Elzbieta JEZIERSKA / Archéologie d'Auschwitz (in Tygodnik Powszechny n°5) de 1963